Le mental : primordial pour affronter les blessures !

mental-blessure-tennisChaque tennisman peut affronter à un moment de sa carrière une blessure importante. Le mental va alors jouer un rôle important dans la phase de rééducation.

Malgré tous les efforts que l’on peut faire en préparation physique sur la prévention des blessures, certains éléments peuvent déclencher ce mal tant redouté par les sportifs.

  • Les blessures qui occasionnent une longue rééducation sont souvent très mal vécues par le sportif. On parle même de dépression…
  • On passe forcément par des phases de doute, de douleur, de joie, d’espoir…puis encore de doutes…La peur de ne plus revenir à son meilleur niveau effleure bien souvent l’esprit du joueur.
  • On parle alors de l’importance de posséder une grande force mentale pour surmonter cette épreuve.
  • Tout comme sur une progression physique et tennistique, il faut se mettre en place des objectifs à court et moyen terme avec le staff (kiné, entraineur et préparateur physique) pour franchir des étapes et garder la foie.

a9cebDe nombreux facteurs peuvent expliquer la survenance d’une blessure. Nous pouvons les classer en trois catégories :

Les facteurs psychologiques

Tout d’abord, le type de personnalité du sportif. Plus le sportif aura tendance à attribuer les événements qu’il vit à des causes externes, plus il sera confronté à la blessure. C’est à dire que s’il se dit que tel ou tel événement arrive car l’entraînement est trop difficile, l’entraîneur est nul, ses coéquipiers ne font pas d’effort, que ce n’est qu’une question de chance ou de malchance, que c’est de la faute ou grâce aux arbitres…, plus il risque de se trouver dans des situations favorables aux blessures.
De même, plus le sportif sera anxieux et percevra des situations considérées comme « stressantes » pour lui, plus il sera vulnérable à la blessure. Beaucoup de sportif ne font pas attention à leurs sensations corporelles car on leur a souvent dit d’arrêter de s’écouter ou fait le reproche de toujours avoir mal en quelque part. Cela va rendre le sportif moins vigilant quand aux ressentis : Moins de concentration et d’attention et par conséquent une augmentation du risque de blessure. Nous entendons souvent dire « Je n’ai pas écouté mon corps », « J’étais pris dans l’engrenage de la compétition », « J’avais mal au début de l’entraînement mais après je ne sentais plus rien donc je continuais… » jusqu’au jour ou arrive une blessure.
Enfin, plus l’image que l’athlète a de lui est bonne, plus il sera préservé des blessures. À l’inverse, plus son humeur sera négative et son comportement pessimiste, plus il sera prédisposé à la blessure.

Les facteurs sociaux et d’entraînements

La vie d’un athlète est ponctuée d’événements personnels plus ou moins positifs. La présence de périodes stressantes, d’instabilité dans ses relations amicales, dans sa relation amoureuse, de même que les athlètes issus de familles recomposées, de parents séparés ou décédés, se blessent davantage que les autres. Ce dernier facteur concerne tout ce qui relève de la pratique de son sport, c’est à dire la fatigue, le surentraînement, les antécédents de blessures, la spécificité de certains sports plus traumatique que d’autres, le niveau de cohésion, la clarté des rôles et responsabilités des athlètes. Autant de facteurs qui contribuent à l’augmentation ou non de l’occurrence de blessure.
Bien évidemment, il est important d’analyser l’ensemble de ces caractéristiques avec prudence en compagnie de l’athlète. Connaître ces facteurs pour l’entraîneur est un enjeu non négligeable dans la prévention de la blessure, notamment pour détecter les athlètes susceptibles de se blesser. Cela permet également de mieux écouter et comprendre l’athlète qui se blesse. Souvent, après avoir échangé avec des athlètes ou des entraîneurs, ils me confient que la blessure peut être, en quelque sorte, une alternative à une situation perçue comme désagréable, que l’athlète n’arrive plus à gérer. Ceci occasionnant une blessure et donc un arrêt momentané de la pratique spécifique. C’est parfois la seule solution que trouve l’athlète pour dire stop !

Les différentes étapes

Juste après la blessure, l’athlète va être pris en charge par le corps médical, de là en découle un programme de convalescence post-traumatique. La blessure est à prendre très au sérieux et le temps de convalescence également. L’athlète va devoir « re »prendre conscience de son « nouveau » corps. Durant cette période, l’athlète sera confronté à un processus qui s’apparente à celui du deuil. Voici un descriptif des 5 étapes successives dans lequel il va se trouver :
Choc, déni, refus : Il y a le choc de l’annonce, « Tu viens de te faire une déchirure musculaire. » ou bien « Il y a une rupture des ligaments croisés. », cette phase de choc est courte. On peut l’assimiler à un moment de sidération, sans émotion apparente. Puis, vient le déni, c’est le refus de croire en l’information, « Non je ne me suis pas blessé ! », « Ce n’est pas possible ! »
Colère, forte émotivité : L’athlète réalise peu à peu lors de cette phase la gravité de la blessure. L’émotivité est forte, il comprend ce qui lui arrive et en saisi les conséquences. Certains de ses comportements vont même l’étonner, il peut s’emporter ou bien entrer dans une phase de mutisme. Il peut ressentir des remords, du dégoût, de la répulsion envers lui même ou les autres. L’athlète peut alors mettre en cause son entraîneur, ses amis, sa famille, ses coéquipiers…
Marchandage : Durant cette phase, il va essayer de négocier avec lui même pour essayer de réduire sa convalescence.
Dépression : L’athlète se repli sur lui même et n’a plus envie de lutter, il a de la tristesse… Cette phase est plus ou moins courte.
Acceptation et espoir : C’est la période ou l’athlète accepte ce qu’il lui arrive en regardant les mauvais côtés mais également les bons. Cela lui permet de retrouver petit à petit de l’espoir, de la confiance, il restaure son image de lui,… Il peut alors se reconstruire, se réorganiser et ainsi apprend à mieux se connaître, découvre des ressources cachées, prend conscience de son existence.

Cette période est très difficile pour l’athlète, il peut mettre en place différents mécanismes de défense. L’entraîneur et l’entourage vont être confrontés à différentes réactions. Soit nous verrons des sportifs combatifs face à la blessure qui vont arriver à transformer cet événement en quelque chose de positif, l’énergie qu’il déploiera lui permettra de retrouver confiance et accélérera la convalescence tout en l’optimisant. Soit, nous pouvons, à l’inverse, faire face à un athlète qui déni totalement sa blessure, qui va essayer de pratiquer quand même, qui transférera son angoisse sur quelqu’un d’autre, qui rendra l’autre coupable de ce qu’il lui arrive,… dans ce cas, le travail de l’entraîneur et du staff médical est primordial. Notons que les hommes ressentiront majoritairement de la colère, de la frustration et se sentiront inutiles alors que les femmes se sentiront inutiles et frustrées. Une fois la convalescence terminée, les femmes ont tendance à montrer davantage de signes positifs que les hommes.

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