Guerre psychologique sur le court : comment continuer à bien jouer ?

TENNIS : Argentine vs France - Coupe Davis - 07/04/2013

Il vous est peut-être déjà arrivé qu’un adversaire use contre vous de techniques de déstabilisation psychologique pour faire pencher la balance de son côté. Peut-être vous est-il d’ailleurs arrivé de perdre vos moyens ou de renoncer à jouer face à des joueurs qui pourrissaient le jeu et l’ambiance du match.

Cet article vous donnera des pistes pour lutter contre les blessures imaginaires, les bavards impénitents, les voleurs de points, les lambins et autres casse-pieds des courts.

Le tennis est un sport de combat…psychologique puisque un filet sépare les deux adversaires mais un sport de combat quand même puisqu’il s’agit d’un duel à l’issue duquel un vainqueur est désigné. Durant le match, chacun des compétiteurs va s’employer à rendre la vie dure à l’autre, à tenter de le frustrer, de le casser psychologiquement. Bien sûr tout cela se fait de manière ludique, conviviale et dans le respect de l’éthique sportive. Le tennis reste un jeu pratiqué entre personnes responsables, consentantes et j’espère équilibrées mentalement.

La tentation de l’intimidation psychologique

Cependant, pour prendre l’ascendant sur son vis-à-vis, il n’est absolument pas étonnant que certain utilisent des techniques psychologiques parfois douteuses ou du moins tirées par les cheveux. Cet article vous donnera quelques clés pour ne pas tomber dans le piège et continuer à jouer votre jeu.

Se préparer au pire pour mieux réagir

Dans les 7 paragraphes qui suivent, je vais m’attacher à décrire plus précisément les différentes techniques de déstabilisation psychologiques utilisées dans ce cas pratique. Je vous expliquerai ensuite les méthodes que j’utilise personnellement pour contrer les tentatives adverses de déstabilisation psychologique. Je vous encourage à trouver les votre en fonction de votre personnalité et de votre système de valeur. L’important est de rentrer sur le court avec un maximum de réponse à apporter aux difficultés que va tenter de vous faire subir votre adversaire. Bien entendu, je ne considère pas la fuite (balancer le match) comme faisant partie des réponses satisfaisantes.

1. Le joueur qui prétend être malade et blessé avant le match et qui dispute de longs échanges pendant trois heures.

  • Généralement cela peut être l’un ou l’autre. Chez ce spécimen exceptionnel c’est les deux : il est à la fois malade et blessé. Que ce soit l’un ou l’autre ou à plus forte raison les deux, méfiez-vous. Feindre la blessure en plein match peut être une ruse dans la mesure où dans de nombreux cas la blessure de l’un entraine une difficulté (psychologique) chez l’autre. Contrairement à ce que l’on peut croire de l’extérieur ce n’est pas facile de battre un joueur blessé ou malade (lien article).
  • Pour ma part, après de multiples expériences douteuses, j’ai choisi d’adopter un raisonnement simple, basique presque manichéen. Un joueur réellement blessé, abandonne la partie. S’il continue à jouer, je considère qu’il n’est pas blessé et que ses jérémiades sont du cinéma. S’il n’abandonne pas et que donc il n’est pas blessé, il n’y a aucune raison que je joue différemment et que je sorte du match.

2. Le joueur qui raconte sa vie au changement de côté

  • Ce n’est pas forcément quelque chose de conscient ou de sciemment malfaisant mais le doute est permis surtout quand le jouer se met à vouloir taper la causette pile au moment où il est largement mené au score.
  • Si vous avez besoin, comme moi, de rester dans votre bulle pour pouvoir exprimer pleinement votre potentiel, faites comprendre explicitement calmement et poliment à votre adversaire que vous ne discutez pas pendant vos matchs…et restez sur vos positions.

3. Le joueur qui compte les balles importantes fautes

  • On va passer sur le cas du joueur qui carotte régulièrement les points dès le début du match. Je vais plutôt parler ici du joueur qui se montre normal, voir sportif tout au long du match et qui va juger systématiquement les balles litigieuses importantes à son avantage. Cela a un double impact : le premier est évidement sur le score, le deuxième est sur le moral adverse. Certain se laissent complètement déstabiliser et se découragent face à la soudaine vilenie de leur adversaire. C’était mon cas il y a quelques années.
  • Aujourd’hui, je ne laisse rien passer et j’adopte la même stratégie quel que soit le moment du match. Je discute, je palabre longuement si besoin mais je fais comprendre à mon adversaire qui ne gagnera rien à essayer de me déstabiliser de la sorte. Cherchez vous une stratégie qui corresponde à votre personnalité et à votre système de valeur pour contrer les carotteurs de points. Et surtout préparez-vous à cette éventualité et répondez à la question : Si mon adversaire me vole des points, qu’est-ce que je fais concrètement.

4. Le joueur qui tousse uniquement pendant que son adversaire sert

  • Un grand classique de la tentative de déstabilisation. Faire du bruit pendant le service adverse.
    Dans un tel cas (rare heureusement), soit je suis dans un état qui me permet de faire abstraction de l’adversaire et à ce moment-là, je me focalise sur ma cible dans le carré adverse (je ne regarde pas ni l’adversaire ni le carré mais la balle), soit mon adversaire a trouvé quelque chose qui me déstabilise vraiment et je lui fais tranquillement comprendre que je ne reprendrais pas le jeu tant que les conditions ne me permettrons pas de me concentrer normalement.

5. Le joueur qui traine les pieds entre chaque point pendant une minute

  • Plus embêtant. Quelquefois c’est intentionnel, quelquefois c’est l’adversaire qui a vraiment besoin de récupérer. Dans le deuxième cas, je laisse faire car si mon adversaire est déjà mal en point physiquement, je n’ai pas vraiment envie qu’il fasse un malaise sur le court (cas limites chez certains vétérans à l’hygiène de vie approximative).
  • Quand c’est intentionnel, je le fais gentiment remarquer à mon adversaire en criant « time » ou en lui demandant s’il n’a pas envie de prendre une tasse de thé. Après s’il persiste vous pouvez toujours aller voir le juge-arbitre, lui expliquer le problème et lui demander d’intervenir.

6. Le joueur qui envoie systématiquement des lobs en fond de court

  • Attention, c’est aussi une technique de jeu et pas forcément une manœuvre psychologique. Certains joueurs sont ultra-défensifs, voient le tennis comme une épreuve d’endurance et cherchent à ralentir le jeu et prolonger les échanges jusqu’à la déraison.
    Ma posture personnelle contre ce genre d’adversaire est de considérer le match comme une séance d’entraînement au smash.

7. Le joueur qui refuse le pot d’après-match.

  • Le seul point qui me gêne personnellement. Un joueur peut utiliser un certain nombre de ruses psychologique pendant le match, après tout, c’est de bonne guerre. Une fois le match terminé, en revanche, il est nécessaire de se déconnecter de la partie et d’agir en être humain sociable.
  • Le pot d’après match est un moment privilégié pour échanger avec son adversaire, refaire le match et apprendre sur son propre jeu.
    Mon conseil personnel, ne refusez pas de boire un verre après le match avec un adversaire qui s’est montré limite infect sur le terrain. Certain de ces joueurs sont charmants en dehors des matchs qu’ils disputent. J’ai d’ailleurs gardé de très bon contact avec des joueurs avec lesquels j’avais été à deux doigts d’en venir aux mains. C’est comme ça.

Source : Continuer à jouer son meilleur tennis face à un mauvais joueur

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