Andy Murray ou comment gérer votre frustration

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Second épisode de ce dossier mental : « Comment gérer votre frustration » avec Andy Murray.

Longtemps, le Britannique Andy Murray est apparu comme un joueur ayant des difficultés à résoudre les problèmes qui se présentaient à lui, aux premiers rangs desquels, ses défaites consécutives dans les finales de Grand Chelem. C’était une barrière, comme peut l’être le passage pour un joueur de club à un classement supérieur. Cette barrière, l’Écossais a réussi à la franchir, et de quelle façon puisqu’il compte aujourd’hui deux titres majeurs et une médaille d’or olympique conquise en simple à Londres en 2012.

1. Chercher !

  • Un champion est quelqu’un qui accepte de chercher. Pour résoudre son problème, Murray a donc cherché. Et en ce qui le concerne, c’était une personne, il l’a trouvée, en la personne d’Ivan Lendl, le coach qui va l’aider à remporter son premier titre du Grand Chelem.

2. Soyez curieux !

  • Murray va régulièrement voir un psychiatre. Non pas pour se livrer mais pour poser des questions sur le fonctionnement de l’être humain. Il est curieux. Il ne s’agit pas, si vous êtes 30/1 ou 15/2, de rentrer dans un processus aussi fouillé. Mais ça ne vous empêche pas avec l’enseignant ou l’entraineur de votre club, des amis qui vous connaissent bien, d’essayer de creuser dans ce domaine. Parfois, même une conversation informelle, peut vous éclairer.

3. Évacuer !

  • Murray est souvent dur avec lui-même. C’est pour ça qu’il a besoin d’évacuer sa rage comme lorsqu’il s’en prend à son staff en plein match. Le mot évacuer est important. Il y a des joueurs de club qui ne veulent pas crier, par exemple. Il faut s’autoriser à le faire. Ça peut vraiment aider.

4. Se rappeler

  • Murray a parfois avec lui une check-list de règles de base à ne pas oublier en plein match. Après sa défaite contre Gilles Simon en quarts de finale du tournoi de Rotterdam l’an passé, le Britannique avait oublié sa feuille. Un journaliste néerlandais l’avait diffusée sur les réseaux sociaux.
  • La voici en 10 points simples à retenir :
  1. Sois indulgent avec toi même
  2. Fais de ton mieux
  3. Sois très dynamique sur tes jambes
  4. Sois pro-actif pendant les points
  5. Concentre toi sur chaque point ainsi que ta tactique
  6. Essaie d’être celui qui dicte le point
  7. Essaie de le maintenir au niveau de la ligne, fais-le bouger
  8. Vas-y au service !
  9. Colle à la ligne de fond autant que possible
  10. Reste bas et utilise tes jambes
  • Sur le fond, rien de révolutionnaire, mais ce sont des piqûres de rappel. Au changement de côté, vous pouvez comme Murray consulter votre liste. Ces conseils vous les avez rédigés « à froid« , et ils peuvent vous aider en match où il est plus difficile d’être lucide. C’est un moyen de « s’auto-coacher« . Si les meilleurs le font, pourquoi pas vous ?
  • Pour Murray, ce mémo est aussi un moyen de gérer sa frustration, de se guider vers le chemin à prendre en quelque sorte. Notamment de ne pas être trop dur avec soi-même, ce qui est souvent le défaut des joueurs de club. Ne vous surestimez pas ?

5. Ne pas se juger

Les joueurs de tennis passent  leur temps à se juger au lieu d’être dans l’observation, l’analyse, et ensuite, l’ajustement. Essayer de ne pas vous projeter, de ne pas regretter, de ne pas espérer. Ce sont des sentiments qui certes font partie de notre vie quotidienne mais ils sont à bannir sur un court de tennis.

Chapitre I : Rafael Nadal ou comment rester dans le match

Rubrique réalisée avec la collaboration de Makis Chamalidis et François Ducasse*, psychologues du sport et intervenants à la FFT.
Vous pouvez aussi retrouver leurs conseils sur le site www.championdanslatete.com ou dans leur livre éponyme.

* François Ducasse est décédé pendant la rédaction de cette rubrique. Elle lui est dédiée.

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