Crier au tennis aide-t-il vraiment à la performance ?

Actuellement à chaque tournoi ATP, on peut observer les matchs féminins ou ceux de Nadal. Les cris poussés au moment de la frappe en énervent certains ? Pas d’inquiétude, vous n’êtes pas les seuls. Alors pourquoi les joueuses et certains joueurs gémissent-ils à l’impact ? On vous explique tout ici !
  • De nombreux enfants qui débutent le tennis demandent à leur entraineur pourquoi les joueuses poussent des cris au moment de frapper. Bien embarrassé, l’éducateur ne sait pas vraiment quoi répondre… « Peut être pour frapper plus fort » tente-il timidement.
  • On s’est tous posé au moins une fois la question. Pourquoi Maria Sharapova crie-t-elle aussi fort à l’impact ? Même si la jolie russe n’est désormais plus la seule car ses « collègues » font désormais tout autant de bruit ou presque. A quoi bon ? Quel est l’intérêt de ce hurlement, que suscite-t-il chez le joueur ou l’adversaire mais aussi chez les fans ? Éléments de réponse.

Le cri permet effectivement de taper plus fort

  • Des chercheurs américains originaires du Texas ont réalisé une étude sur ce phénomène. Après avoir étudié de jeunes espoirs américains, ils sont arrivés à la conclusion qu’en criant (73 décibels en moyenne), les joueurs augmentaient la puissance de leur service entre 6 et 9 kilomètres/heure.

Le cri peut déconcentrer l’adversaire

  • Une autre étude, réalisée cette fois-ci au Canada a démontré que crier augmente le temps de réaction de l’adversaire d’environ 33 millisecondes. Un temps infime qui a néanmoins de grandes conséquences. Privé de temps, l’adversaire est susceptible de prendre une mauvaise décision. De plus, le cri peut agacer l’adversaire qui se focalisera dessus plutôt que sur son propre jeu.

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Un parallèle avec les arts martiaux

  • Dans des nombreuses disciplines d’arts martiaux, beaucoup crient au moment de déclencher le coup. Il s’agit d’une manière de libérer l’énergie, de tout donner, de mettre tout ce qu’on a dans son coup. Au tennis, deux écoles s’affrontent, celle du cri et celle du souffle. Les entraineurs apprennent très jeunes aux joueurs à souffler au moment de la frappe. Cela permet de trouver le relâchement nécessaire pour réaliser le coup juste, à l’instar de ce que fait Roger Federer. Rafael Nadal n’hésite pas lui à mettre toute son énergie dans sa frappe, ce qui déclenche chez lui un cri parfois digne de celui d’un animal et ce, dès le début du match.

Qui a commencé à crier et qui le fait aujourd’hui ?

  • C’est Monica Seles au début des années 90 qui a été la première joueuse à crier sur un court. De nombreuses fans se sont mises à l’imiter, et crier est devenu naturel chez elles. « J’ai commencé car Monica Seles était ma joueuse préférée quand j’avais dix ans. C’était il y a 20 ans et depuis je n’ai pas arrêté » a déclaré Venus Williams pendant Roland-Garros 2010.
  • Aujourd’hui, quasiment toutes les joueuses du circuit WTA le font. Les reines dans ce domaine sont entre autres Azarenka, les sœurs Williams, Errani et évidemment Maria Sharapova. La jolie russe avait d’ailleurs vu l’un de ses cris lâché lors de l’édition 2005 de Wimbledon être mesuré à 101,2 décibels, l’équivalent du bruit d’un klaxon situé à 2 mètres de soi !
  • Chez les hommes, Rafael Nadal et David Ferrer sont connus pour ça, mais ils n’arrivent pas à la cheville de l’argentin Carlos Berlocq. Gustavo Kuerten, ancien triple vainqueur du tournoi parisien était également pas mal dans le genre.

Crier ? « C’est de la triche pure et simple »

Études de chercheurs
  • Selon Dennis O’Connell, professeur de physiothérapie à l’université d’Hardin-Simmons à Abilene, une joueuse augmente la vitesse de son service de plus de 4 miles par heure – soit plus de 6,4 km/h – lorsqu’elle crie au moment de frapper.
  • Une étude canadienne réalisée par des psychologues a quant à elle montré qu‘un joueur de tennis mettait plus de temps à réagir en présence d’un bruit et que les décisions à prendre lui semblaient aussi plus difficiles.

Depuis les cris et hurlements ne cessent de créer de grosses polémiques dans le tennis.

  • En 2009, pendant Roland-Garros, la Française Aravane Rezaï s’est plaint des cris de son adversaire portugaise Michelle Larcher de Brito, dite joueuse la plus bruyante du monde, auprès de l’arbitre :
    « Ses cris étaient trop forts et trop longs surtout. Elle criait encore quand j’allais frapper. Du coup, j’ai essayé de faire la même chose, mais ça n’est pas naturel chez moi. Je n’arrive pas à crier comme elle. »
  • Régulièrement, il est question d’interdire les cris sur les courts de tennis. Car pour beaucoup, comme Martina Navratilova : c’est tout simplement de la triche. Notamment car les cris distraient et couvrent le bruit de la balle qui heurte la raquette.
    « On ne peut plus accepter ces cris. Ils sont de plus en plus longs et forts. Pour moi, c’est de la triche pure et simple. Il faut sévir. »
  • Boris Becker aurait, de son côté, peut-être mieux fait de se taire quand il a souligné l’aspect trop sexy de ces cris. Apparemment, une femme qui gueule sur un terrain, c’est forcément un peu sexuel.
    « Quand Maria Sharapova et Venus Williams jouent, tu ne regardes pas le match. Il y a quelque chose de sexuel. On se demande si elles ont les cordes vocales irritées ou si elles sont malades. Je crois qu’il faut réduire les décibels, cela ne peut plus durer. »

Anecdotes sur les cris des tennisman et tenniswoman

  • Le tournoi de Wimbledon qui se déroule chaque année en juillet de l’autre côté de la Manche est réputé pour le respect des traditions et la bonne tenue du public pendant les matchs. Ainsi, les tenues blanches et le silence sont de rigueur sur le gazon anglais. Comment est-il possible alors d’accepter les cris des joueuses. Fut un temps, la décision d’interdire ces élocutions fut évoquée. Si l’idée n’est finalement pas retenue, elle n’est pas abandonnée pour autant.
  • Autre anecdote totalement différente, le témoignage du chanteur Adam Levine, membre du groupe Maroon 5. Ancien compagnon de Sharapova, il l’avait plaquée en 2007, déçu du niveau sonore de leurs parties disputées sous la couette. Si la joueuse faisait « fantasmer » le musicien, ce dernier a vite déchanté. « Je pensais vraiment qu’elle serait du genre à hurler, mais, au lit, on dirait plutôt une grenouille morte » avait-il déclaré, avant d’ajouter qu’elle lui imposait de se taire pendant leurs ébats « Elle m’a dit que ça la déconcentrait ! ». On attend impatiemment les déclarations de Grigor Dimitrov, son compagnon actuel, pour confirmer ou non cette information.

Comme quoi, il n’y a que sur le court que crier donne de l’énergie supplémentaire à Maria…

Source : Crier aide-t-il à la performance ?

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