Rôles des parents pour les jeunes joueurs de tennis

FFT conseils aux parents 2

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De multiples facteurs entrent en jeu dans la réalisation de performances sportives. Selon une étude scientifique, les parents exercent l’influence la plus importante dans la vie d’un sportif.

Ses débuts dans l’activité et la manière dont évoluera sa carrière sont liés aux parents (Wylleman et De Knop, 2001).

Plusieurs auteurs ont analysé l’importance de l’influence parentale sur l’investissement et la réussite de l’enfant dans le sport. Hellstedt (1987) a décrit l’implication des parents dans la pratique sportive de leur enfant. Il la conceptualise en un continuum, allant de sous-investis à sur-investis. Entre les deux, le niveau « modérément investis » semble le plus favorable pour la progression du sportif.

La compétition est une école du dépassement de soi, de l’esprit d’analyse et d’adaptabilité où l’adversaire est alors un professeur.
Ces parents apportent du support, montrent leur intérêt. Ils sont caractérisés par un comportement directif ferme mais flexible, laissant à l’enfant un rôle actif dans les prises de décision. Ils répondent aux dépenses nécessaires, participent à l’organisation du club et aux déplacements. Mais cette catégorisation des parents est peut-être trop simplificatrice. Elle n’explique pas les logiques affectives et la dynamique des facteurs qui influencent le sportif.

Les relations parents/sportif ont également été analysées sous un angle développemental. Hellstedt (1995) a adapté au contexte sportif un cadre existant de l’évolution de la structure familiale. Il décrit une série de stades par lesquels passe une famille au fil des années. Des changements doivent avoir lieu à chaque stade pour que l’évolution soit positive. Les approches développementales (Bloom, 1985 ; Côté, 1999) des liens parents/athlètes distinguent trois phases (initiation : 4-12 ans ; spécialisation : 13-18 et investissement : après 18 ans). Côté (1999) ajoute ensuite une quatrième phase (perfection/performance) où le rôle des parents n’est plus que moral.

Les recherches sont rarement directement ciblées sur les parents et leur impact pour le sport de l’enfant. Les données sont souvent quantitatives ou descriptives et simplificatrices de la réalité du lien parent/enfant.

La pratique sportive doit s’intégrer dans un véritable projet éducatif s’appuyant sur des valeurs morales essentielles.

Le tennis a été choisi parce qu’il est un des sports qui illustrent le mieux l’importance des rôles parentaux. De multiples facteurs entrent en jeu pour réussir à pratiquer le tennis à haut niveau : physiques, technico-tactiques, psychologiques et sociaux. Les parents peuvent jouer un rôle capital dans tous ces facteurs. Le tennis, sport individuel, a des particularités organisationnelles qui forment un contexte particulier pour le rôle de parent. Il est nécessaire de faire des tournois tout au long de l’année pour progresser au classement. Les parents s’avèrent indispensables pour :

  • les déplacements (entraînements physiques et tennistiques, compétitions de plus en plus loin au fil de sa progression, allers-retours multiples…) ;
  • le financement (déplacements, matériel (tenues, cordages…), inscriptions aux tournois, leçons…) ;
  • l’organisation du foyer en adéquation avec le planning hebdomadaire d’entraînements et l’école, les week-ends, vacances et loisirs consacrés aux tournois, la programmation des compétitions…

Voici maintenant avant toute chose quelques exercices à faire à la maison pour initier un enfant aux bases du tennis :

Et également accéder sur le lien ici au guide des conseils spéciaux pour les parents préparé par la FFT

1. Résultats de l’étude comportementale

Les résultats ont été résumés en deux tableaux.

  • Le tableau 1 comprend l’analyse hiérarchique des comportements défavorables des parents selon les entraîneurs.
  • Le tableau 2 comprend les comportements favorables selon les entraîneurs.

La première colonne propose un pourcentage des entraîneurs qui ont abordé chacun des thèmes.

Tableau 1 – Comportements parentaux défavorables selon les entraîneurs

% arrondi d’entraîneurs

Thèmes de premier ordre

Thèmes de second ordre

60 %

Méconnaissance de l’activité

Peu de place pour le sport dans la famille

Bain familial non sportif / non tennistique

90 %

Parents trop impliqués / trop présents dans la pratique de l’enfant

Rôles parentaux défavorables

Surinvestissement d’un des parents / Omniprésence

60 %

Manque d’investissement des parents (matériel, temps, déplacements…)

50 %

Pression à jouer (en quantité)

15 %

Manque d’intérêt

5 %

Manque d’encouragement

35 %

Ambitions démesurées

Valeurs parentales défavorables

Absence de réalisme / Manque de lucidité

25 %

Importance des résultats

20 %

Importance du tennis supérieure à celle des études

Pression pour arrêter les études

15 %

Pas d’écoute du désir de l’enfant

15 %

Importance des études supérieure au tennis

15 %

Pas d’éducation du comportement de l’enfant sur le terrain

5 %

Esprit extrême de compétition

5 %

Intérêt financier

Motivations parentales défavorables

5 %

Avenir professionnel de l’enfant

60 %

Projection d’un parent sur l’enfant

Relations dysfonctionnelles parents / enfant

50 %

Critiques

Interaction négative entre le parent et l’enfant

Être négatif dans l’analyse des situations

45 %

Comportements abusifs

Violence du père envers son fils

Violence physique (après les matchs)

30 %

Violence verbale

Agressivité envers l’enfant après les matchs

30 %

Valorisation excessive de l’enfant (auprès des autres)

20%

Comportements du père liés aux résultats

Punitions selon les résultats des matchs

20%

Difficulté des parents à accepter le départ de l’enfant

Ne pas laisser l’enfant prendre son indépendance

20%

Incompréhension de l’enfant dans sa pratique

Manque de dialogue parents / enfant

20%

Alternance valorisation excessive / dénigrement selon les résultats

10%

Exigence du père envers l’enfant dans sa pratique

5%

Reproches par rapport aux sacrifices faits pour l’enfant

5%

Manque de cadre parental

5%

Interventions dans les choix de l’enfant

55 %

Manifestations, comportements négatifs pendant les matchs

Comportements perturbants pendant les matchs

30 %

Interventions en faveur de l’enfant au sujet de l’arbitrage

Interventions pendant les matchs

5 %

Montrer son stress pendant les matchs

5 %

Conflits avec les autres parents

30 %

Difficulté du dialogue parent / entraîneur

Relation parents / entraîneur

Manque de compréhension parents / entraîneur

20 %

Conflits et désaccords parents / entraîneur

30 %

Parent – entraîneur

Manque de séparation des rôles parent / entraîneur

Père préparateur physique

30 %

Parents qui interfèrent dans le travail de l’entraîneur

Omniprésence des parents dans l’entraînement

15 %

Conseils des parents alors que méconnaissance de l’activité

Parents qui donnent des conseils car connaissent l’activité

Tableau 2 – Comportements parentaux favorables selon les entraîneurs

% arrondi d’entraîneurs

Thèmes de premier ordre

Thèmes de second ordre

25 %

Bain familial sportif / tennistique

Place du sport dans la famille

20 %

Connaissance de l’activité (ou de l’environnement sportif)

80 %

Nécessité de l’implication des parents

Rôles parentaux favorables

Minimum de présence et d’intérêt des parents indispensable

Investissement des DEUX parents indispensable

Investissement en temps

50 %

Aide à l’organisation / Aide matérielle

Aide financière directe / Aide dans les choix

45 %

Aide aux déplacements indispensable

45 %

Encouragements

35 %

Pression à jouer : raisonnable, dosée / au début de la pratique seulement

30 %

Être positif dans l’analyse des situations

25 %

Soutien moral

Soutien inconditionnel

20 %

Réconfort

20 %

Remotiver

20 %

Donner à l’enfant les moyens (matériels) de jouer

20 %

Parents à l’origine de la pratique

20 %

Intérêt (indispensable) des parents pour la pratique de l’enfant

15 %

Sacrifices (temps, loisir…)

15 %

Disponibilité

15 %

Accompagnement aux compétitions

10 %

Rôle tampon de la mère

5 %

Fixer des objectifs

70 %

Prise de distance par rapport à l’importance du sport / au niveau de l’enfant / à l’importance des résultats

Valeurs parentales favorables

Aider l’enfant à relativiser ses performances

70 %

Éducation du comportement de l’enfant sur le terrain

Éducation de l’esprit sportif

Éducation : valeur de l’effort, donner son maximum + rigueur

40 %

Être à l’écoute de l’enfant, de son désir

Respect du désir de l’enfant

15 %

Importance de l’équilibre entre tennis et études

5 %

Ambitions mesurées

30 %

Plaisir de l’enfant

Motivations parentales

5 %

Amener l’enfant à son maximum

25 %

Pas de surprotection

Relations positives parents / enfant

Recherche de l’autonomie de l’enfant

Responsabiliser l’enfant

15 %

Influence des parents (plus faible après l’adolescence)

15 %

Importance du cadre parental

15 %

« Anormalité » des relations parents / enfant à haut niveau

15 %

Croire aux possibilités de l’enfant / Montrer sa confiance dans ses capacités

5 %

Faire confiance à l’enfant dans ses choix

5 %

Rôle de guide

50 %

Pas de manifestations pendant les matchs

Comportements favorables pendant les matchs

Comportement discret et neutre pendant les matchs

25 %

Soutien pendant les matchs

Présence discrète pour soutenir pendant les matchs

15 %

Encouragements pendant les matchs

5 %

Ne pas montrer son stress pendant les matchs

60 %

Déléguer à l’entraîneur

Séparation des rôles parent / entraîneur

45 %

Confiance des parents en l’entraîneur

Dialogue parents / entraîneur

Collaboration parents / entraîneur

25 %

Parent – entraîneur : plutôt pour les joueuses

Parent – entraîneur seulement si connaissance de l’activité

Parent – entraîneur si relation complice

25 %

Analyse des matchs si connaissance de l’activité

Analyse après les matchs et commentaires tactiques, « à froid »

5 %

Être objectif, lucide sur le jeu de l’enfant

5 %

Conseils tactiques simples avant les matchs

La synthèse des analyses d’entretiens montre que, selon les entraîneurs, les parents sont importants et ont une influence sur l’enfant à travers : la place qu’ils accordent au sport, les rôles assumés, les valeurs transmises, leurs motivations, leurs comportements pendant les matchs, leurs relations avec l’enfant et l’entraîneur.

2. Les comportements des parents jugés défavorables par les entraîneurs

Place du sport dans la famille

  • La « méconnaissance de l’activité » des parents désavantage les enfants selon 60 % des entraîneurs. De façon plus générale, il leur semble défavorable que les parents ne jouent pas au tennis ou ne soient pas sportifs. Les parents sont souvent à l’origine de la pratique d’un sport, notamment en jouant le rôle de modèle : « Un enfant ne commence pas à jouer tôt si son père ou sa mère ne l’a pas influencé, ou s’il ne les imite pas en faisant le même sport. » La méconnaissance de l’activité peut leur faire adopter des comportements inappropriés pour l’enfant : « Quand ils ne sont pas sportifs, des tas de choses leur échappent et ça devient complètement négatif, ils peuvent faire n’importe quoi. » Elle empêche également de se rendre compte que l’enfant a des capacités qui méritent d’être exploitées : « Certains gamins ont du potentiel, mais si les parents ne connaissent pas, ils ne s’en rendront pas compte. »

Rôles parentaux défavorables

  • 90 % des entraîneurs pensent qu’il est défavorable que les parents soient « trop investis » ou « omniprésents » dans la pratique de l’enfant. C’est le comportement néfaste le plus souvent cité. Ils décrivent des parents excessivement impliqués, constamment présents, s’occupant trop de leur enfant, se mêlant à tout ce qui touche à sa pratique sportive : « C’était toujours son père qui l’accompagnait PARTOUT, mais partout, partout, tout le temps. Il était TOUJOURS là, entraînements tennis, physiques, matchs. Il était toujours sur son dos. Tu as des parents qui gèrent tout. Ils organisent tout de A à Z. Ils sont de plus en plus assistés par les parents… L’enfant est sur le terrain, mais c’est les parents qui gèrent tout, ils ne savent pas assez s’effacer. »
  • À l’opposé, le « sous-investissement » des parents dans l’activité sportive de l’enfant semble tout aussi néfaste aux entraîneurs (60 %). Il peut, selon eux, prendre la forme d’un faible investissement en temps, matériel, de peu d’aide pour les déplacements (pour les tournois et les entraînements), ou d’un intérêt insuffisant pour ce que fait l’enfant : « Il y a des parents qui ne veulent pas… ou ne peuvent pas… s’investir un minimum… le club ne peut pas tout faire… ça devient dur pour l’enfant, impossible même, de progresser. Avec des parents trop détachés, trop peu impliqués, tu ne peux pas jouer, ni en avoir envie, ni en avoir les moyens. »
  • La « pression à jouer » des parents est également un thème fréquemment relevé par les entraîneurs (50 %). Ils font surtout référence à la pression à jouer en quantité ou à continuer la pratique : « Tu as des parents qui sont fous ! Ils poussent leur enfant, le font jouer tout le temps. J’en ai entendu dire “tu ne t’entraînes pas assez, tu n’en fais pas assez”. »

Valeurs parentales défavorables

  • Les « ambitions démesurées » des parents sont jugées défavorables pour l’enfant par 35 % des entraîneurs. Ils parlent également du « manque de lucidité » ou de l’« absence de réalisme » de certains parents : « Certains croient que leur gamin est le meilleur du monde alors que, nous, on voit qu’il n’est pas doué. Il suffit qu’on leur dise “votre enfant a un petit peu de potentiel” pour qu’ils s’imaginent qu’il va être champion du monde. »

Relations parents/enfant défavorables

  • La majorité des entraîneurs (60 %) pensent que la « projection d’un parent sur l’enfant » est néfaste. Ils utilisent ce terme ou décrivent des situations qui l’illustrent : « Les parents… qui sont sur le bord du terrain… ce sont eux qui jouent. Trop de parents remettent ce qu’ils ont raté dans la vie sur les épaules de leur enfant. Les parents se projettent dans l’avenir de leur enfant, ils n’ont pas pu devenir champions, alors ils veulent faire de leurs enfants des champions. »
  • Les « critiques » des parents sont aussi considérées comme défavorables par 50 % des entraîneurs. Ils différencient les critiques des matchs de l’enfant, de son jeu (technique, tactique mise en place) ou de son comportement. Plus généralement, cela concerne aussi le fait d’« être négatif dans l’analyse des situations » (ne voir que le mauvais côté des choses, ne parler que des points négatifs) : « Il y a tellement de parents qui “cassent” leur enfant après les matchs. Il y a des parents qui ne voient que le côté négatif, des critiques, toujours. Ils sont incapables de faire ressortir les points positifs d’un match ou d’une défaite. »
  • La « violence physique et verbale » est déplorée par les entraîneurs (respectivement 45 et 30 %) : « Il se faisait taper après. Je l’ai vu courir après son fils pour le rattraper et lui mettre des claques ! Il a commencé à lui taper dessus, j’étais là pour l’arrêter… Il lui a crié dessus pendant la leçon… À 6 ans ! Il y a beaucoup de colère envers les enfants. »

Comportements parentaux défavorables pendant les matchs

  • Il a été jusqu’ici question de comportements de parents ou modes de relation parents/enfant. Le thème « comportements des parents pendant les matchs » est en relation directe avec la pratique du tennis. La plupart des parents assistent aux compétitions parce qu’il est nécessaire de véhiculer l’enfant. Sur le bord du terrain, pendant les matchs, les entraîneurs observent des attitudes variées.
  • Ils soulignent en général les « attitudes parentales néfastes pendant les compétitions » de l’enfant (plus de 80 %). Ils sont 55 % à critiquer les « manifestations parentales » et 30 % à dénoncer leurs « interventions ». Les premières englobent une variété de comportements. Il peut s’agir de mouvements (gestes de dépit, faire les cent pas, partir quand l’enfant est mené, etc.), de tentatives pour communiquer avec l’enfant (paroles intempestives, gestes codés), de mimiques (soupirs, « petits cris », regard noir) : « Les parents n’arrivent pas à rester au bord du terrain sans réagir. Il faut qu’ils montrent leurs émotions, ou qu’ils parlent, conseillent… Ils sont pendus au grillage. Les parents montrent leur stress. C’est les paroles, les gestes, les gens qui soufflent, les joues gonflées après les fautes, les soupirs… ils s’énervent, ne tiennent pas en place. »
  • Les attitudes des parents par rapport à l’arbitrage, au comportement de l’enfant ou de l’adversaire sont également soulignées : « Le père se comportait d’une manière exécrable. Il venait sur le court, volait des balles pour qu’on arrête le jeu à cause d’une faute d’arbitrage, soi-disant. Il y a des parents qui interviennent, ils jugent les balles, même quand il y a un arbitre ! »

Relations parents/entraîneur

  • 30 % des sujets déplorent un « manque de dialogue » ou des « difficultés pour communiquer » avec les parents des sportifs qu’ils entraînent. 20 % parlent de « conflits » : « Si le père est prof de sport, au niveau physique, il connaît un peu, il va se permettre d’intervenir “le physique que vous faites, c’est nul !” Le lien entre les parents et l’entraîneur est difficile, délicat. Même s’il n’y a pas de conflits francs, ils n’en font qu’à leur tête. »

Manque de séparation des rôles parent/entraîneur

  • Cette catégorie regroupe différents comportements de parents appréciés par les entraîneurs. Selon eux, certains parents ne restent pas à leur place et empiètent sur les rôles normalement dévolus à l’entraîneur.
  • Les entraîneurs (45 %) se plaignent des « parents qui interfèrent dans leur travail » par leur « omniprésence » ou « leurs conseils » : « Ils veulent être présents dans leur évolution technique, dans leur évolution mentale, même dans les choix tactiques. En tant que parents, ils se croient tout permis… ils se permettent de donner des conseils techniques. Ils oublient qu’il y a le rôle de l’entraîneur, et que ce n’est pas le leur. Ils ne savent pas rester à leur place. »
  • Les entraîneurs mentionnent le cas des « parents/entraîneurs » car ils rencontrent régulièrement cette situation. Ils ne sont pas catégoriques pour dire si elle est défavorable ou pas pour la progression sportive de l’enfant. Les exemples de sportifs de haut niveau coachés par un de leurs parents les incitent à nuancer leurs propos. 30 % affirment que cette situation est néfaste. 25 % l’estiment possible en mettant des conditions (« relation complice, proche », « plutôt pour les joueuses », ou « si le parent connaît bien le sport »). Les résultats ne permettent pas de conclure sur ce point. Comme le soulignent certains entraîneurs, chaque dyade sportif/parent est unique : « Un père peut entraîner sa fille et que ça se passe bien, mais avec le petit frère, ça peut ne pas marcher. »

3. Les comportements des parents jugés favorables par les entraîneurs

Place du sport dans la famille

  • Offrir un « bain sportif » à l’enfant, par exemple lorsque les « parents pratiquent eux-mêmes le tennis ou un autre sport », est favorable pour un futur athlète d’après 45 % des entraîneurs. Dans une famille qui accorde une place importante au sport, l’enfant peut imiter ses parents, partager ses joies et se sentir compris lorsqu’il rencontre des obstacles dans sa pratique : « Quand ils connaissent la pratique, ils font les bons choix pour aider l’enfant. Une grande partie des enfants jouent parce que leurs parents jouaient avant. Ils font comme eux, forcément, ils ont eu l’habitude d’entendre parler de tennis. »

Rôles parentaux favorables

  • Le thème le plus souvent extrait des entretiens (80 % des entraîneurs) est l’« investissement indispensable des parents » dans la pratique de l’enfant. Ils parlent de « la nécessité de l’implication des parents » en temps, ou matérielle, d’un ou des deux parents, de leur « présence indispensable ». Parallèlement, il est favorable que les « parents s’y intéressent ».
  • 55 % des entraîneurs estiment qu’il est préférable que les parents « accompagnent leur enfant en compétition ». Il est indispensable qu’ils l’« aident pour les déplacements ». La « disponibilité des parents » (temps libre ou libéré) est donc un facteur positif pour la progression de l’enfant : « Ils ne sont pas majeurs, ils sont complètement dépendants des parents pour faire des tournois, pour aller aux entraînements. Pour les parents, les mères souvent, ce sont de perpétuelles navettes entre l’école, l’entraînement, les matchs, le physique et tout. Il faut qu’ils soient disponibles pour ça. »
  • De façon générale, selon les entraîneurs, les parents doivent « donner à l’enfant les moyens matériels pour jouer ». Il est nécessaire, pour 50 % des entraîneurs, qu’ils « assurent une aide à l’organisation, matérielle, financière » : « Les parents doivent être suffisamment présents et motivés pour s’investir matériellement, financièrement, parce que c’est un sport qui revient vite très cher. S’ils veulent faire des tournois, il faut les inscrire, et cette aide-là doit venir des parents. »
  • Les entraîneurs vont jusqu’à parler des nécessaires « sacrifices » pour l’enfant (temps, argent, loisirs, etc.) : « Il faut faire des sacrifices. Les vacances, c’est pour faire des tournois… » « Il faut beaucoup de sacrifices, d’efforts des parents. »
  • Un autre thème issu de l’analyse est la « pression à jouer des parents », qui semble positive pour la progression de l’enfant. Les entraîneurs (35 %) précisent que cette « pression » doit être « raisonnable, dosée », et concerner surtout les « débuts dans la pratique » : « Il faut qu’ils poussent leur enfant au départ. C’est important, contrairement à ce qu’on pense souvent. » « Il faut le pousser quand même… pour qu’il donne le meilleur. »

Valeurs parentales favorables

  • « L’éducation du comportement sur le terrain, de l’esprit sportif, des valeurs du sport » (donner son maximum, savoir faire des efforts, être rigoureux dans la pratique) est importante selon 70 % des entraîneurs interrogés : « Il y a un rôle important d’éducation du comportement sur le terrain, l’éducation sportive, l’esprit sportif, pour que l’enfant ait une attitude sportive, c’est la base. » « Les parents doivent leur inculquer les valeurs, le sens de l’argent. »

Relations parents/enfant

  • Malgré leur position extérieure aux relations parents/enfant observées, un quart des entraîneurs estiment que les parents ne doivent « pas surprotéger leur enfant », mais au contraire « rechercher son autonomie et le responsabiliser ». Le rôle parental auprès du sportif devrait, selon les entraîneurs, évoluer vers le soutien émotionnel après l’adolescence ; avec un retrait progressif des parents par rapport à la pratique : « Il faut responsabiliser les enfants, leur donner des responsabilités, leur donner assez vite une certaine autonomie pour gérer leur pratique. »
  • Quelques entraîneurs (15 %) soulignent l’« anormalité des relations parents/enfant » lorsque ce dernier a une pratique sportive intensive : « Tous les sportifs de haut niveau ont des parents “fêlés”. Ils doivent être un peu “fous” pour que les enfants réussissent dans ce sport. Avec les “fous” ça réussit, parce qu’ils s’investissent. Le haut niveau est quelque chose de pas normal et cela se retrouve… Il y a tellement d’entraînement, d’intensité que ça va au-delà des relations parents/enfant normales… »
  • Ces entraîneurs ont la conviction que les relations parents/sportif pratiquant intensivement un sport sont différentes de celles parents/enfant « classiques ». Sans réussir à préciser leur propos, ils pointent l’« anormalité » nécessaire et positive de ces relations.

Comportements favorables pendant les matchs

  • Les entraîneurs (50 %) préfèrent que les parents soient « discrets et neutres pendant les matchs » pour ne pas perturber le sportif. Leur « présence » est dans ce cas la bienvenue, « pour soutenir » l’enfant (25 % des entraîneurs) : « rester impassible, gérer ses émotions, ne rien dire ou laisser paraître sur le visage, être discret, soutenir par la simple présence, le regard. »

Séparation des rôles parent/entraîneur

  • Les entraîneurs (60 %) désirent que les parents leur « délèguent l’enfant » : « Les parents dans leur rôle de parents, et nous on fait notre travail de notre côté. C’est notre métier… chacun son rôle, chacun sa place. »
  • Parallèlement, 45 % des entraîneurs insistent sur la nécessaire « collaboration » et le « dialogue entre l’entraîneur et les parents », sur la « confiance » qu’ils doivent avoir : « Il faut que les parents et l’entraîneur s’entendent bien pour aller dans le même sens. » « Ils doivent nous faire confiance, sinon on ne peut rien faire. » Les parents ont besoin de l’entraîneur pour être au courant des objectifs de la préparation sportive, pour avoir une évaluation honnête des compétences de l’enfant et être guidés dans leur appréciation des résultats et progrès. Les entraîneurs ont besoin d’eux pour leur support face aux exigences du programme sportif de l’enfant, pour renforcer ses propres exigences auprès de celui-ci et également pour avoir un feed-back sur son évaluation en dehors du sport : « Ils doivent collaborer, chacun avec ses compétences. »

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