Vous aussi transmettez des pensées parasites à votre adversaire !

Dernier chapitre de notre série « Inspirez-vous du mental des champions », en guise de cinquième épisode de ce dossier : « transmettre des pensées parasites à votre adversaire » comme Gilles Simon.

Vous avez forcément déjà entendu cette expression au bord d’un court de votre club. « Mon adversaire m’est rentré dans la tête« . Variante plus imagée et moins élégante : « Il m’a mangé le cerveau. » Tout est dit. Votre adversaire, par son attitude, ses choix tactiques a clairement été plus fort que vous mentalement, dans les moments clefs notamment, ce qui a fait pencher la balance en sa faveur. Il a su vous transmettre des pensées parasites.

Pour vous, ne reste que de la frustration, notamment lorsque l’on a eu le sentiment que l’on était peut-être au dessus tennistiquement, mais que l’on a justement, et malgré tout, pas su trouver la lucidité pour exploiter cette supériorité technique.



Tenir sa ligne de conduite

Sur le circuit, Gilles Simon est l’archétype du champion qui « rentre dans le cerveaux de ses adversaires« . Parce que c’est la nature de son jeu que de faire déjouer, ce qu’il fait formidablement bien avec son œil et son sens tactique, mais aussi et surtout parce qu’il est capable mentalement de ne jamais sortir de sa ligne de conduite, de ne rien montrer à l’adversaire.

Mais avant tout, il faut comprendre qui est l’autre afin de savoir quoi faire pour le déstabiliser. Evidemment, à un petit niveau, on découvre très souvent son adversaire, on ne connaît pas forcément ses travers. Mais parfois, en l’observant bien dans les premiers jeux, où lors des premiers moments chauds, on peut déceler des faiblesses techniques ou même mentales (agacement après des amorties consécutives par exemple). Il faudra alors appuyer dessus. Vous envoyez ainsi deux messages à votre adversaire  :

  1. Je sais où se situe ton talon d’Achille.
  2. Je maîtrise suffisamment mon jeu pour aller te titiller de ce côté.

Calme et détermination, des armes tranchantes

  • Ce qui fait aussi la force de Gilles Simon, c’est la réputation qu’il s’est construite au fil de sa carrière. Quelque part, il a déjà un fait bout de chemin vers la victoire tant ses adversaires savent combien ils vont devoir s’accrocher pour gagner. A moins d’être déjà un joueur reconnu dans votre région, votre réputation ne vous précèdera pas ! Voilà pourquoi, dès le premiers jeux, le comportement que vous affichez est capital. Notamment, si le score ne tourne pas en votre faveur. Si vous réussissez à conserver une apparence calme et sereine (message envoyé à votre adversaire : « Je ne panique pas, j’attends mon heure« ), vous allez peut-être troubler les certitudes de votre opposant. Il en va de même si le combat est rapidement très rude. Le calme et la détermination sont des armes parfois plus tranchantes qu’un bon coup droit. Surtout si on réussit à les faire perdurer. 

On a le droit de rater !
  • Pour se faire, il faut vraiment tenter de vivre le match point par point et notamment oublier le coup que l’on vient de rater. Car on a le droit de rater ! S’autoriser l’échec, même sur un coup « facile », c’est s’éviter de pensées négatives, c’est s’éviter de ressasser ce qui vient de se passer. C’est le meilleur chemin pour rester dans l’instant présent et proposer ce visage serein qui peut troubler votre adversaire.
  • Rester droit dans la tempête, montrer que vous n’avez pas abdiqué, ce que fait très bien Gilles Simon, c’est continuer d’entretenir le doute chez votre adversaire, de lui rappeler que le match n’est pas terminé avant le dernier point. A l’heure de conclure, à l’heure où il va se tendre forcement un petit peu, cette attitude est capitale. Car si vous êtes globalement du même niveau que votre adversaire, ça peut tout simplement faire la différence.

Rubrique réalisée avec la collaboration de Makis Chamalidis et François Ducasse*, psychologues du sport et intervenants à la FFT. Vous pouvez aussi retrouver leurs conseils sur le site www.championdanslatete.com ou dans leur livre éponyme.

* François Ducasse est décédé pendant la rédaction de cette rubrique. Elle lui est dédiée.

Chapitre I : Rafael Nadal ou comment rester dans le match
Chapitre II : Andy Murray ou comment gérer votre frustration
Chapitre III : Changer, avec Novak Djokovic !
Chapitre IV : Impressionnez, comme Serena Williams !

Source : Comme Gilles Simon, transmettez des pensées parasites à votre adversaire

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