Roland Garros : un tournoi défiant tous les pronostics

C’est parce qu’il fallait un stade à la hauteur d’une finale de Coupe Davis que le stade Roland-Garros a vu le jour. Gloire soit rendue aux Mousquetaires !

  • Roland Garros est le plus récent des 4 tournois du Grand Chelem. Le tournoi est né officiellement en 1925 lorsque le championnat de France décida de s’ouvrir aux joueurs étrangers.
  • Initialement baptisé « Internationaux de France », il prendra son nom définitif en 1928 en déménageant au stade de Roland Garros, porte d’Auteuil à Paris.
Palmarès et bonus :
> Simple homme
> Simple dame
>Double homme
>Double dame
>Championnat de France – simple homme
>Championnat de France – simple dame
>Records

« La première édition de Roland Garros, en 1925, se jouent sur les terrains du Stade Français et du Racing Club de France »

  • A l’époque, la Coupe Davis est un événement national. En 1928, la France s’apprête ainsi à jouer sa première finale à domicile. Cependant, aucun stade parisien n’est assez grand pour accueillir le public très nombreux.
  • C’est alors que la ville de Paris décide d’offrir 3 hectares, prés de la Porte d’Auteuil, pour permettre la construction d’un stade de tennis.b_roland_garros_1914-mus_e_de_l_air_et_de_l_espace_-_la_bourget
  • Loin des courts et des champions de tennis, Roland Garros est un pionnier de l’aviation, un héros de la Première Guerre mondiale, un homme dont l’existence est empreinte de courage et de détermination.
  • Né à Saint-Denis-de-La-Réunion, il effectue ses premiers vols au printemps 1910 et se taille rapidement une réputation légendaire. Le 23 septembre 1913, Roland Garros réalise son plus grand exploit en effectuant la première traversée sans escale de la Méditerranée. Il a établi de nombreux records et mis au point durant la Première Guerre mondiale le tir à travers l’hélice. Fait prisonnier en avril 1915, il réussit à s’évader après plus de deux années de captivité. Malheureusement, quelques mois plus tard, il meurt à 30 ans en combat aérien, cinq semaines seulement avant l’Armistice.
  • Dix ans après sa mort, son nom est choisi pour célébrer les plus grands champions de tennis.

Le futur stade de Roland Garros (1928)

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    Neuf mois plus tard, au mois de mai, le stade de Roland Garros (en hommage à un aviateur français, passionné de tennis et licencié au Stade Français) est inauguré par une rencontre féminine entre la France et la Grande-Bretagne.

  • Un mois après, les internationaux de France s’y déroulent pour la première fois ; avant de laisser place à la finale de la Coupe Davis (victoire française face aux Etats-Unis 3 à 2).
Évolutions
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  • Les Internationaux de France adoptent immédiatement le nom de « Roland Garros » et devient par la suite l’un des 4 plus grand tournois au monde (le « Grand Chelem » composé de Wimbledon (1877), L’Open d’Australie (1905) et L’Us Open (1891)).Magnifiques vainqueurs de la Coupe Davis en 1927 à Philadelphie, face à Bill Tilden et les siens, Jacques Brugnon, Jean Borotra, Henri Cochet et René Lacoste reviennent en France en héros.
  • Pendant que le Saladier d’argent est exhibé à Paris –à l’Opéra Garnier, à l’Élysée ou encore dans les salons du Ritz–, l’idée de construire un stade dédié au tennis prend forme. Il faut de toute façon offrir aux Mousquetaires un cadre digne de ce nom pour la défense de leur trophée.
  • A l’époque, le Stade Français et le Racing Club de France sont les haut lieux du tennis à Paris. Ces deux clubs accueillent, un an sur deux, les Championnats de France Internationaux. Mais leur site respectif est bien trop exiguë par rapport à l’engouement que va susciter cette nouvelle finale de Coupe Davis. Il faut donc trouver un nouveau lieu et construire une enceinte d’au moins 10 000 places.
  • Par un heureux hasard, la concession du terrain sur lequel est installé le stade Jean Bouin se termine en 1927. La Ville de Paris lance alors un nouvel appel d’offres. Pierre Gillou, président du Racing et Emile Lesieur, son alter ego du Stade Français, ficellent respectivement leur dossier, parmi une dizaine d’autres candidatures.
  • C’est le projet Lesieur-Stade Français qui l’emporte. Battu mais fair-play, Gillou propose à Lesieur de former une entité commune, sans doute plus solide. Le 8 décembre 1927, une concession pour une durée de 25 ans est signée en échange d’un loyer de 20 000 francs et d’un montant de 6% des recettes brutes sur les entrées à venir. Complètement passionnés par leur projet, Lesieur et Gillou vont même jusqu’à garantir sur leurs biens personnels l’emprunt dont ils ont besoin pour lancer les travaux.
  • Mais Lesieur pose une condition à cet engagement financier : que le stade porte le nom d’un de ses amis, l’aviateur Roland Garros, héros de guerre, mort pour la France en 1918 et stadiste comme lui.
  • Même si les liens de Mr Garros avec le tennis sont très ténus –il a surtout joué au rugby- cette idée ne souffre d’aucune contestation. Le 18 mai 1928, au terme d’une formidable course contre la montre menée par l’architecte Louis Faure-Dujarric, le Stade Roland-Garros, à l’ambiance Arts-Déco avec ses croix de Saint-André, est inauguré en grande pompe.
Les Mousquetaires y conserveront la Coupe Davis  jusqu’en 1932. Et les Internationaux ont trouvé leur maison…
  • Les premiers vainqueurs de Roland Garros, en 1925, sont français : René Lacoste chez les hommes et Suzanne Lenglen, chez les dames. Les français vont d’ailleurs totalement dominer les premières éditions (13 finales sur 8 ans). La française Simone Mathieu atteint même 8 fois la finale du simple (entre 1929 et 1939) avant de l’emporter à la 7e reprise.
  • Dans le tableau masculin, il faut attendre 1933 pour voir la victoire du premier étranger vainqueur de Roland Garros : l’américain John Crawford. Il bat en final le français Henri Cochet sur le score de 8/6 6/1 6/3. Crawford sera succéder, l’année suivante, par le baron allemand Gottfried Von Gramm, premier joueur étranger a réalisé le doublé en 1934 et 1936.
  • En 1940, la 2e Guerre Mondiale fait son apparition. Roland Garros est interrompu pendant 6 ans.
  • Le tournoi reprend son activité en 1946. L’âge d’or du tennis français est révolu. Pourtant, à la surprise générale, c’est un français, âgé de 32 ans, qui soulève la coupe en simple et en double. Maurice Bernard devient ainsi le premier joueur non-tête de série et gaucher à remporter Roland Garros.
  • Cependant, cette victoire reste une exception par rapport à la déferlante américaine. Jusqu’en 1955, les États-Unis collectionnent les titres en simple comme en double. Frank Parker, Tony Trabert, Margaret Osbonne, Maureen Connolly sont les principaux maîtres d’oeuvres. En 1995, la victoire de Tony Trabert sera la dernière des États-Unis avant…1989 !
  • Les années 1950 marquent également l’arrivé des joueurs australiens sur le circuit mondial. Roland Garros n’échappe pas à la régle. Durant 15 ans, Ken Rosewall (vainqueur en 1953 et 1968 soit à 15 ans d’intervalle), Rod Laver, Margaret Smith, Roy Emerson, Lesley Turner sont les nouveaux rois de la terre-battue parisienne. En 1962 et 1969, Rod Laver réussit le Grand Chelem (24 ans après celui de Donald Budge).
  • Néanmoins, quelques joueurs et joueuses créaient la surprise durant cette période. C’est le cas de l’italien Nicola Pietrangeli (1959 et 1961), de la française Françoise Dürr (1967, victoire tricolore 21 ans après) et du premier espagnol vainqueur de Roland Garros, Manuel Santana (1961).

« Borg et Evert, les plus titrés à Roland Garros : 13 finales gagnées »

  • En 1974, un jeune suédois de 18 ans et une américaine de 19 ans créent la surprise. Bjorn Borg remporte la finale simple de Roland Garros face à l’espagnol Manuel Orantes. Même exploit pour Chris Evert qui bat la russe Olga Morozova.
  • Ces deux finales marquent le début du règne Borg-Evert. De 1974 à 1981, le suédois Bjorn Borg domine le tournoi en remportant 6 fois la finale. Le plus titré de l’histoire du tournoi. Du côté des dames, Chris Evert fait de même avec 7 victoires, entre 1974 et 1986

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Un tournoi défiant tous les pronostics.

  • En 1982, le roi Borg s’en va. A partir de ce moment là, Roland Garros défie tous les pronostics sportifs.  La même année, un autre suédois, Mats Wilander devient un des plus jeunes vainqueurs de Roland Garros. En 1983, un français (!) Yannick Noah, remporte la finale simple, 37 ans après la victoire de Marcel Bernard.
  • Les meilleurs mondiaux comme les américains John McEnroe ou Jimmy Connors ne parviennent pas à remporter Roland Garros. Conors échouera 4 fois de suite en demi-finale (1982-1985). Quant à John McEnroe, il échoue dans la finale de 1984 alors qu’il mène 2 sets à zéro face à Ivan Lendl.
  • Au fil des années, les surprises se succèdent pour le plus grand bonheur du public et des passionnés.
  • En 1989, un jeune américain, Michael Chang remporte la finale simple. Il devient le plus jeune champion des Internationaux de France à l’âge de 17 ans et 3 mois. Les États-Unis retrouvent ainsi le palmarès 34 ans après la victoire de Tony Trabert en 1955.
  • Du côté des dames, le régne Navratilova / Evert prend fin en 1986. L’année suivante, la jeune allemande, Steffi Graf crée la surprise en finale simple. En 1987, elle renouvelle l’exploit en infligeant, en finale, 6/0 6/0, à son adversaire, Natalia Zvereva, en 34 minutes !

noah-1983-rgVictoire de Yannick Noah (Fra) en 1983. Score : 6/2 7/5 7/6

Arrivée des espagnols, maître des lieux

  • Dans les années 90, Roland Garros tient toujours sa réputation de couronner des vainqueurs inattendus. En 1990, un équatorien, Andres Gomez, 30 ans, élimine les meilleures têtes de série et remporte sa finale en battant une autre révélation du tournoi, André Agassi.
  • Cependant, les américains et surtout les espagnols se mettent à dominer peu à peu le tournoi. L’américain Jim Courier (1991-1992) et l’espagnol Sergi Bruguera (1993-1994) réalisent le doublé. Même situation chez les dames où l’américaine Monica Seles remporte l’édition 1990 en devenant la plus jeune championne (16 ans et 6 mois). Elle conservera son titre à Roland Garros jusqu’en 1992 ; avant de laisser place à l’espagnol Arantxa Sanchez et à l’allemande Steffi Graf (6 titres à Roland Garros).
  • En 1995, Tomas Muster offre son premier tournoi du Grand Chelem à l’Autriche. Tandis que la croate Ivan Majoli crée la surprise en finale en battant la finale la n°1 mondiale, Martina Hingis, en 1997.

Des finales historiques : 1997 et 1999

  • La plus grande surprise de l’histoire de Roland Garros est probablement la victoire d’un inconnu en 1997 : le brésilien Gustavo Kuerten, classé 66e mondial, le plus mauvais classement pour un vainqueur. Une révélation qui fera naître un champion puisque le brésilien renouvelle son exploit en 2000 et 2001.b_kuertenrg_2000-jpg
  • En 1999, la victoire revient à l’américain André Agassi et à l’allemande Steffi Graf. Deux finales inoubliables. graff-rg-1999
  • Signe du destin ? nos deux champions annoncent quelques mois plus tard leur relation amoureuse.
  • Dans le simple homme, Agassi remporte le match après avoir été mené 2 sets à zéro par l’ukrainien Andrei Medvedev. Un retournement de situation qui permettra à André Agassi de décrocher enfin la coupe des Mousquetaires, après 2 finales perdues.
  • Mais au-delà du titre, l’américain signe surtout l’exploit de remporter les 4 tournois du grand chelem dans sa carrière. Certes, pas la même année mais un tel record n’avait pas été atteint depuis les années 60 avec le Grand Chelem de Rod Laver.
  • Du côté des dames, la finale offre son lot de surprise. Martina Hingis est de nouveau à un match de la victoire. Reine du circuit, elle part favorite même si son adversaire Steffi Graf, ancien numéro 1 mondiale, est l’une des meilleures joueuses de l’histoire du tennis. Hingis mène au score.
  • Cependant, le public soutient Steffi Graf et n’hésite pas à siffler les moindres fautes de Martina. Une ambiance électrique qui va amener progressivement Hingis à craquer. Au début du second set, la suissesse Hingis se déconcentre et conteste les décisions de l’arbitre. hingis-pleur-rg-99
  • Elle va même jusqu’à vérifier la marque de la balle dans le camp de son adversaire. Impensable ! Hué du public. Steffi Graf n’en revient pas. Hingis laisse filer la victoire et quitte le court aussitôt en pleurant.

Et depuis 2005…

  • Le 21e siècle marque le retour des sud-américains (Kuerten, Gaudio,…) et des espagnols. Notamment, le suprenant Rafael Nadal, maître des lieux avec 4 victoires consécutives (2005-2008).
  • Chez les dames, la domination est belge avec Justine Henin, victorieuse en 2003, 2005, 2006 et 2007.
  • Au fil des années, Roland Garros est devenu le tournoi le plus prestigieux sur terre-battue.
  • L’édition 2009 est historique. 10 ans après la victoire d’Agassi, le suisse Roger Federer remporte enfin la finale après 3 tentatives. Certes, le favori et tenant du titre, Rafael Nadal n’est pas là mais la victoire face au suédois Robin Soderling (tombeur de Nadal en 1/8 de finale), est historique !
  • Non seulement, Federer est le premier joueur suisse à triompher sur la terre battue parisienne mais il devient également le 7e joueur de l’histoire à avoir remporter les 4 tournois du Grand Chelem. Un record si rare dans l’histoire du tennis.

A suivre…

Sources :