Avez-vous le mental pour servir pour le match ?

Après avoir « exploré » le mental de certains champions, nous entamons une nouvelle série de conseils psychologiques, plus concrets encore, afin de vous aider à gérer au mieux certaines situations dans votre pratique de la compétition.

Premier volet : servir pour le match !

Ce scénario, beaucoup d’entre-nous l’ont connu : on mène un set, 5-4 break, et arrive l’heure de -peut-être- terminer le match. Comment doit-on, peut-on, aborder ce moment ? Existe-t-il des recettes pour finir proprement son match où, au moins, se donner le plus de chances d’y parvenir ? Comment faire abstraction du fait qu’il ne s’agit pas d’un jeu comme les autres ?

  • Au préalable, il faut rappeler que chaque joueur, chaque personne, quel que soit son âge, est différente et que tout le monde n’est pas susceptible de réagir de la même façon. C’est ce qui rend d’ailleurs le travail de l’approche mentale absolument passionnant.
  • C’est pour cette raison que l’intervention d’un spécialiste peut être intéressante. Il va chercher à comprendre l’autre, établir une relation de confiance, à passer son message à un moment où le joueur est réceptif, essayer de trouver les mots justes et la bonne tonalité pour les dire. Nous le savons clairement aujourd’hui, pour aider quelqu’un à résoudre ses difficultés, et comme dans le cas présent, être moins tendu au moment de servir pour le match, la façon de faire passer son message est plus important que le contenu.
  • Évidemment, tout le monde ne peut pas se faire aider par un « spécialiste » du mental, surtout à un niveau modeste. On va donc vous donner ici des conseils qui sont des dénominateurs communs à tous les compétiteurs.

Qu’est-ce qui, lorsque je sers pour le match, peut entraîner une baisse de mon niveau de jeu et m’empêcher d’atteindre mon but ? 

 La réponse est simple : on se laisse polluer l’esprit par des pensées parasites et/ou par des croyances. La pensée parasite  la plus fréquente est celle-ci : « si je sers pour le match, je DOIS gagner ou je VAIS gagner« .

  • Cette façon d’aborder ce « possible » dernier jeu de service est très répandue. Pourtant elle ne va faire que créer une pression négative, interdisant l’erreur, ce qui est le meilleur moyen de jouer petit bras. L’autre va nous projeter dans le futur ce qui est le contraire de la concentration optimale.
  • Ce sont des tentatives maladroites de se rassurer. Ce type de réflexions n’a pas de sens et aucun intérêt en terme d’efficacité. Il vous éloigne simplement de votre objectif premier : jouer votre meilleur tennis dans les minutes qui viennent, et continuer d’appliquer ce qui a gêné votre adversaire jusque-là. Il vous faut donc être con-cen-tré.

Justement, qu’est-ce que la concentration ?

  • On peut le résumer d’une formule assez simple : Penser à ce que l’on doit faire MAINTENANT ! Toute autre réflexion vous empêchera d’aborder au mieux ce moment primordial
  • C’est votre concentration sur l’instant présent (où vais-je servir ? par exemple ou, plus largement, que vais-je appliquer comme tactique sur le point à venir ?) qui vous permettra de chasser les pensées parasites.

Dans un moment comme celui-ci, faut-il prendre des risques ou rester dans sa zone de confort ?

  • Là encore, chaque joueur réagira avec sa propre sensibilité. Toutefois, si on se fie aux meilleurs joueurs du monde, on remarque que dans ce type de situation à haute tension, ils ont majoritairement tendance à s’appuyer sur ce qu’ils maîtrisent le mieux. On peut bien sûr y rajouter une pincée d’inattendue, mais la base, reste de tenter ce que vous réussissez le plus souvent.

Et le plaisir dans tout ça ?

  • C’est une notion capitale. Pour une grande majorité de joueur de tennis, le plaisir a toujours été là et est encore là (mise à part quelques cas exceptionnels comme Andre Agassi au début de sa carrière) car nous avons pratiquement tous commencé ce sport pour cette raison. Le problème est qu’ensuite la compétition arrive et avec elle l’enjeu et donc le stress  (« c’est la catastrophe si je perd le prochain point ou le prochain jeu par exemple »).  Comme nous ne développons pas en même temps que notre technique et notre physique, notre capacité à gérer cette pression, elle nous envahie petit à petit et finit par ne plus laisser aucune place au plaisir.
  • Gérer le stress fera l’objet d’une prochaine rubrique car au-delà de l’envie de faire une perf’ ou tout simplement de bien faire, vous pratiquez avant tout un sport pour vous « éclater ». Tout comme les champions aiment les vibrations des grands matches dans les rendez-vous qui comptent le plus…

Rubrique réalisée en collaboration avec Pier Gauthier, ancien joueur professionnel, devenu spécialiste de la préparation mentale en entreprise et pour les sportifs de haut niveau, comme ce fut le cas, par exemple, avec Sébastien Grosjean, Michaël Llodra ou Gaël Monfils.

Plus d’informations :
 http://www.celionscoaching.com/
La Force du Mental, Edition Dunod

Source : Mental : servir pour le match !

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