Comment le score affecte la réussite des sportifs ?

C’est un fait, nous nous rappelons plus facilement des choses positives que des choses négatives, c’est ce que les psychologues nomment «biais de décision» et «motivation raisonnée». Nous sommes plus enclins à nous souvenir des choses qui nous plaisent plutôt que l’inverse.

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Dans le cas du tennis –mais c’est pareil pour le foot, le basket et n’importe quel autre sport– notre logique va nous forcer à croire que la réussite est directement liée à la précédente. Même si cela a été infirmé scientifiquement. Tout le monde s’attend à ce que le joueur en pleine réussite, qui réussi tout ce qu’il tente, ait plus de chance de continuer à survoler la partie et inversement tout le monde pense que la déprime du malchanceux, qui a même le filet contre lui, continuera de voir ses performances futures s’effondrer jusqu’à la défaite.

Or, les événements passés n’influencent pas les événements futurs, «chaque nouveau point est indépendant de tous les autres». Si Edinson Cavani, au PSG, n’arrive pas à marquer, ce n’est pas une question de confiance, ce n’est pas parce qu’il rate ses frappes qu’il ratera forcément les suivantes. La preuve, il marque malgré ses nombreux échecs.

emotionheader10739993-660x400L’importance de notre environnement

Autrement dit, nos craintes, nos peurs, nos sentiments sont directement reliés à nos actes, nos décisions et nos choix. Ce n’est pas le fait de rater ou de réussir un point qui déterminera la réussite des suivants, c’est le niveau de nos émotions qui les impactera. Avons-nous peur ? Avons-nous la certitude de remporter le match ? Autant de questions qui agissent sur nos performances.

«Plus le joueur est derrière au score, plus il améliore son niveau jusqu’à opter pour une stratégie risquée au fur et à mesure qu’il est distancé dans le match. […] Si le joueur est à la traîne, il s’inflige une pression psychologique supplémentaire. […] Et inversement, s’il est devant au score, il maintient sa place et ne prend aucun risque en tentant de meilleures performances. Les joueurs sous-performent lorsqu’ils sont devant, ils ne maximisent pas leur stratégie au moment où les incitations sont les plus importantes et ne prennent pas le risque de perdre des points.»

Chaque physionomie de rencontre est différente

Lorsqu’un joueur mène au score, il a plus tendance à appliquer une stratégie défensive et moins risquée, afin de maintenir son avance.

«la physionomie du match est un facteur essentiel dans l’explication des performances individuelles. […] Les joueurs sont influencés par le score et réagissent en fonction.»

Quelque soit le sport, quand le score est étriqué, serré, la pression augmente et la lucidité diminue. En revanche, si le joueur domine largement son match (lorsqu’il a suffisamment de jeux d’avance), les performances du joueur grossissent et il a l’impression de réussir tout ce qu’il tente.

Selon la théorie de la «main chaude», manquer un point n’empêche pas de réussir le prochain. Il n’empêche, plusieurs études montrent les effets bénéfiques de l’ascendant psychologique d’un joueur sur son adversaire.

En d’autres termes, il n’est qu’illusion de croire que le joueur est capable d’améliorer ses compétences par la seule force de la confiance passée, le résultat dépend partiellement du hasard et de la chance.

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Le tennisman est un être social, il est façonné et altéré par son environnement proche. Ses performances ne sont donc pas bouleversées par ses actions passées, contrairement à ce que voudrait croire le mythe de la «main chaude» mais sont directement liées à la physionomie du match, de la rencontre, de la partie. Tout n’est heureusement pas qu’une question de chance ou de hasard.

S’il veut gagner, le sportif doit observer le monde qui l’entoure et savoir contrôler ses émotions, telle est la clef de la réussite.

Source : Comment le score affecte la réussite des sportifs 

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