Comment éviter la rupture de la coiffe des rotateurs ?

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Alors pourquoi et comment se produit-elle ?

On peut éviter des blessures qui pourraient s’aggraver au fil du temps. La rupture de la coiffe des rotateurs est malheureusement fréquente au tennis .. 

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Quels sont les sports et les activités non sportives à risque ?

  • Les sports de lancer comme le tennis ou le volley associent violente mise en tension et coincements des tendons.
  • Le golf est moins agressif car le bras opposé limite l’amplitude du mouvement et le coude ne monte pas plus haut que l’épaule.
  • En natation, l’usure par frottements prédomine sur les lésions de freinage. A haut niveau, ce phénomène semble suffisant pour abîmer l’épaule d’un jeune nageur de l’élite qui réalise environ 10 000 «cycles de bras» par semaine !
    • La brasse se montre nettement moins nuisible que le crawl ou le papillon. Son mouvement de plus faible amplitude s’effectue dans un secteur anatomique plus physiologique où les frottements contre les reliefs osseux sont bien moindre.
  • Mais ne renoncez pas pour autant aux sports qui vous tiennent à cœur !
  • Chez le sénior, la palme du danger revient probablement au jardinage et au bricolage. Élagage, peinture et papiers peints achèvent la coiffe des rotateurs du retraité souhaitant prendre soin de son logis !

La rupture de la coiffe des rotateurs est donc une blessure de l’épaule fréquente lors de la pratique du tennis

Qu’est ce que c’est que la rupture de la coiffe des rotateurs ?

  • Il s’agit d’une déchirure plus ou moins étendue d’un des cinq muscles et tendons  qui forment la coiffe des rotateurs (le muscle sus-épineux et le muscle sous-scapulaire sont les plus touchés).

Comment se manifeste la rupture de la coiffe des rotateurs ?

  • Par une douleur aiguë de l’épaule survenant brutalement après une chute ou un geste violent. Il s’ensuit une incapacité à relever le bras de manière active.

Comment faire le diagnostic ?

  • Une radiographie standard est demandée en premier lieu pour éliminer une fracture du trochiter.
  • L’échographie peut permettre une bonne appréciation des lésions de la coiffe des rotateurs, mais cet examen demande un examinateur très performant.
  • Il n’y a pas de parallélisme entre l’étendue des lésions et les symptômes décrits par le patient.
  • L’IRM et l’arthro-scanner ne sont pas justifiés dans un premier temps et n’ont un intérêt qu’à visée pré-opératoire.
  • L’évolution est longue quelque soit le traitement choisi.
  • Les ruptures de coiffe sont très fréquentes chez le sportif plus âgé et interviennent sur des tendons « vieillis » et fragilisés, sans traumatisme franc obligatoire. Elles peuvent alors se manifester par un tableau moins typique avec une simple épaule douloureuse.

Quel traitement ?

  • Pour le sportif amateur, la préférence va au traitement fonctionnel avec :
    • Antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens.
    • Immobilisation de 15 jours à 1 mois, puis rééducation spécifique en décoaptation, avec travail des abaisseurs de bras et absence au début de mouvements sollicitant les tendons lésés.
    • L’évolution sur un an environ est souvent la règle.
    • L’intervention chirurgicale peut être proposée plusieurs mois après le traumatisme, en cas de résultat insuffisant, même s’il faut savoir que la récupération totale à 100% est improbable.
    • Elle associe un geste de réparation du tendon à une acromioplastie qui consiste à limiter les conséquences du conflit généré par la lésion tendineuse.

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Après le coude, l’épaule est donc la zone du corps la plus touchée lors de la pratique du tennis. Les blessures sont multiples et peuvent être divisées en trois catégories : les tendinites, les instabilités et les lésions neurologiques.

Contrairement au tennis elbow qui concerne plutôt les débutants, les problèmes d’épaule touchent principalement les bons joueurs et les pratiquants réguliers.

  • Le surentraînement, la répétition des matchs, le manque d’échauffement ou une musculation non homogène des différentes parties du corps (carences au niveau de certains muscles de l’épaule ou du reste du corps) en sont les causes les plus fréquentes.
  • Les pathologies sont essentiellement liées aux gestes du service et du smash.

Alors comment l’éviter et la soigner ?

Les coups les plus susceptibles d’entraîner ce genre de blessures : le service, le smash, les coups de fond de court, les revers lifté à une main et les volées hautes.

  • Si vous avez une douleur lorsque vous levez votre bras ou le tendez vers l’avant ou bien si vous sentez une faiblesse au niveau de l’épaule, c’est qu’il s’agit de la coiffe des rotateurs. Bien sûr, afin de prévenir ce type d’incident, on conseille de correctement s’échauffer et de corriger si besoin votre technique !

Les traitements sont assez simples : prendre du repos, mettre de la glace, prendre des anti-inflammatoires ou de la cortisone et si vous avez un cas plus grave (rupture du tendon), il existe une chirurgie pour réparer le tout.

Pour la prévenir, rien de tel que des étirements et du renforcement musculaire, avec quelques exemples d’exercices faciles à réaliser chez soi :

  • De nombreuses vidéos donnent un aperçu des différents exercices de musculation et d’étirement de l’épaule. Ceux-ci sont souvent très simples à effectuer. En voici quelques exemples. Comme pour tout exercice, demandez conseil à votre médecin pour éviter tout risque et connaître les gestes les plus adaptés à votre problème.

Synthèse médicale des pathologies liées au tennis

Pathologies et facteurs aggravants

   Indisponibilités

« L’infirmerierie »

Prévention

LES INSTABILITES

Touche essentiellement les 15/25 ans

Déséquilibre musculaire provoquant une mobilité excessive de l’épaule (certains muscles n’étant pas assez développés, ou trop peu par rapport à d’autres).

Facteur de luxation, d’inflammation, voire de déchirure.

LES TENDINITES

Généralement après 35 ans.

Blessure de l’articulation acromio-claviculaire.

C’est l’articulation entre la clavicule et l’omoplate.
Avec l’âge, les microtraumatismes répétés génèrent de l’arthrose dans cette zone.

Difficultés au services et en coup droit.
Les pathologies de la coiffe des rotateurs.
Il s’agit d’une articulation de l’épaule formée de quatre muscles (sus-épineux, sous épineux, sus-scapulaire et petit rond).

Douleurs lors des gestes effectués au-dessus de la tête et lorsque l’individu pousse un objet vers l’avant. L’écart du bras vers l’extérieur du corps (abduction) est pénible, le joueur constate une diminution de sa force au cours du mouvement.


LES DOULEURS NEUROLOGIQUES

Généralement après 35 ans.

Compression ou étirement de certains nerfs de l’épaule
(supra-scapulaire, grand dentelé).

– Atrophie du muscle

– Perte de mobilité et de force
-Désorganisation du geste
1) Problèmes au niveau du nerf supra-scapulaire : les micro-traumatismes vont user peu à peu l’articulation et laisser passer du liquide, ce qui va former une poche ou kyste à l’arrière de l’articulation et compresser le nerf

2) Problèmes au niveau du nerf du grand dentelé : le mouvement du service associe une élévation antérieure maximum du bras à un mouvement de torsion au niveau du cou.
Entraîne une souffrance secondaire des muscles et tendons de l’épaule.

De trois à six semaines, jusqu’à six mois (voire plus).

De six semaines à six mois, voire plus.

 Jusqu’à un an

 – Infiltrations

de corticoïdes (pour passer la période de douleur aiguë: 15 jours / 3 semaines).

– Rééducation :

renforcement musculaire de l’épaule. Le but est d’équilibrer les muscles abaisseurs de l’épaule, devant et derrière, ceux qui vont faire descendre la tête de l’humerus. (rotateurs externes et stabilisateurs de l’omoplate).

– Musculation

Tout le reste du corps (voir partie prévention).

– Echographie

– Chirurgie

Si usure ou rupture, ce qui peut arriver avec l’âge. Six mois au moins avant une éventuelle reprise sportive (réparation du tendon, mais on peut ne pas retrouver son niveau d’antan).

– Changer son lancer de balle.

Eviter d’aller chercher la balle loin derrière (éviter les services liftés). Mieux vaut frapper la balle sur le côté ou légèrement vers l’avant. Pour prévenir une éventuelle hyper-rotation externe.

– Pratiquer des exercices d’assouplissement.

(Exemple : croiser son bras dominant avec l’autre, en l’amenant vers le thorax en poussant l’arrière du coude. Avant et surtout entre les matchs).

– Musculation.

Petits exercices. Exemples : tirer un élastique vers l’extérieur (voir vidéos ci-dessous).

– Muscler les autres parties du corps :

renforcer ses abdominaux, les muscles de la hanche, les membres inférieurs, pour avoir un équilibre musculaire global du corps et ainsi éviter les déséquilibres.

Important : Musclez-vous partout et de manière homogène. L’objectif étant de prévenir toute sursollicitation d’une ou plusieurs parties du corps pour compenser une partie moins développée.

– Utiliser ses jambes !

Pour réduire la force nécessaire au niveau de l’épaule pour claquer un bon service.

– Réduire l’amplitude du geste.

(l’armé sera plus court).

– Réduire le poids et la tension de la raquette en cas de problème.

– Ne pas trop serrer le grip

lors de la pose, ni trop serrer le manche avec la main.

– Pour les vétérans, diminuer la puissance au service et éviter les balles frappées avec effet.

– Bien s’hydrater

pour garder un tendon élastique.

– Garder une alimentation équilibrée.

Synthèse réalisée sous la direction du Professeur Pierre Mansat, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie des membres supérieurs, au CHU de Toulouse.

Autre source : Le Tennis, une passion, un mode de vie. Comprendre, traiter, prévenir. Manuel à l’usage du joueur. Docteur Jacques Parier, éditions Chiron (2010).

Source : La rupture de la coiffe des rotateurs

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