Comment jouer en « perf » !

Après avoir « exploré » le mental de certains champions, voici une nouvelle série de conseils psychologiques, plus concrets encore, afin de vous aider à gérer au mieux certaines situations dans votre pratique de la compétition. Après « servir pour le match », deuxième volet aujourd’hui : « Comment jouer en perf ! ».

Voilà, c’est le rendez-vous : le grand match, un ou deux classement au-dessus du votre, celui qui peut grandement vous aider dans votre progression. Comment aborder une telle rencontre ? Comment mettre le plus de chances de votre côté afin de réaliser un bon match, peut-être gagner, ou au moins, ne pas avoir de regrets ?

Même si cette « perf » vous fait vraiment envie, il est essentiel de remettre l’événement à sa juste place : il s’agit seulement d’un match intéressant. Si vous êtes trop dans l’attente de réussir « LA perf », vous allez sortir de l’essentiel : c’est en jouant votre meilleur tennis que vous avez la meilleure chance de gagner.

Rappelez-vous d’une réalité : en sport, et plus encore en tennis, on ne maîtrise pas le résultat. La preuve : on peut faire un « vilain » match et gagner. A contrario, on peut réaliser une belle partie et perdre. Il faut donc arrêter de penser à ce que l’on ne maîtrise pas, gagner ou perdre et leurs conséquences.

Se « projeter »si je bats mon 15/3, j’aurais tant de points, je vais peut-être monter au classement, etc…- est le pire ennemi d’une belle prestation et n’a aucun sens. Vos pensées doivent être uniquement focalisées sur votre jeu et ce que vous avez à faire pour jouer le mieux possible. Ça ne veut pas dire que vous allez gagner -votre adversaire peut être plus fort- mais si vous vous inclinez, ça ne sera pas pour des raisons périphériques.

Une seule question doit donc vous obséder : que dois-je mettre en place pour bien jouer ? Et ensuite, être prêt à tout. Oui, je peux gagner. Oui, je peux perdre. Oui, je peux rater. Acceptez de ne pas être bon. Contrairement à ce que beaucoup de gens disent, les grands champions ne haïssent pas la défaite, ils savent qu’elle fait partie du jeu. Comme le dit Rafael Nadal, « ils haïssent de ne pas donner le meilleur d’eux-mêmes ». D’ailleurs, on voit souvent des champions chaleureux et détendus quand ils se présentent au filet pour serrer la main de leur adversaire après une défaite. Cela veut bien dire qu’ils étaient dans le bon état d’esprit : accepter que tout pouvait arriver, gagner comme perdre.

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Attention, il ne faut pas confondre je dois gagner et je peux gagner. Dans le « je peux gagner », on entend la notion de « je peux perdre » également. C’est tout à fait sain.  En revanche, on entend rien de la sorte dans le « je dois gagner ». S’interdire la défaite, c’est comme se passer des menottes. Comment frapper dans la balle avec la liberté et le relâchement d’un Federer ou d’un Djokovic avec les « mains liées » ? Impossible bien sûr.

Il faut donc vous focaliser sur le plus important : être bien sur ses jambes, par exemple, appliquer au mieux ce que vous faites de mieux à l’entraînement. Et si avec cette démarche positive, vous n’avez pas remporté ce match, il vous faudra analyser ce qu’il vous a manqué et travailler dessus avant la prochaine rencontre face à un adversaire mieux classé. Et ainsi de suite. Avec cet état d’esprit, vous allez vous rapprocher petit à petit du niveau que vous visez -prenons un 15/5 qui veut battre des 15/3- et un jour, ça passera.

Avoir un nœud au ventre avant un match important est la chose la plus normale qui soit. C’est le contraire qui serait catastrophique, de ne rien ressentir du tout, aucune émotion. En revanche, tenter de ne pas avoir peur entraîne généralement l’effet inverse. Plus on essaie d’écarter la peur, plus elle revient en force et peut finir par vous paralyser !

Rubrique réalisée en collaboration avec Pier Gauthier, ancien joueur professionnel, devenu spécialiste de la préparation mentale en entreprise et pour les sportifs de haut niveau, comme ce fut le cas, par exemple, avec Sébastien Grosjean, Michaël Llodra ou Gaël Monfils.

Plus d’informations :
 http://www.celionscoaching.com/
La Force du Mental, Edition Dunod

Source : Mental : jouer en « perf » !

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