Comment gérer la réputation de votre adversaire ?

Après avoir « exploré » le mental de certains champions, nous entamons aujourd’hui une nouvelle série de conseils psychologiques, plus concrets encore, afin de vous aider à gérer au mieux certaines situations dans votre pratique de la compétition.

  • « Attention à lui, il carotte un peu » ; « T’engage pas dans des longs échanges, physiquement, c’est un monstre« . Combien de fois avons-nous entendu ce genre de propos dans un club-house ou au bord d’un terrain. Si le plus souvent, on ne connaît pas grand chose de son adversaire avant de l’affronter -si ce n’est son classement ou son palmarès- il arrive que sa réputation, à tort ou à raison d’ailleurs, l’ait précédée. Et ce n’est pas un élément si facile que ça à appréhender…

Ne vous laissez pas impressionner par le classement !

  • C’est humain. Nous avons généralement la curiosité d’aller regarder dans le tableau ou sur Mon Espace Tennis le classement de notre prochain adversaire. Mais ce n’est pas la meilleure chose à faire. C’est fou le nombre de joueurs qui perdent un match, avant même de l’avoir joué, simplement parce que le classement de leur adversaire les impressionne.
  • Réagir ainsi, c’est se mettre une limite avant même d’avoir mis les pieds sur le court. Le classement, s’il apporte une information sur le niveau moyen de votre adversaire -cela le situe dans la hiérarchie-, ne signifie en rien son niveau le jour J. Ne tirez jamais de conclusions sur le potentiel de votre adversaire avant de l’avoir vu en action !
  • Ne vous projetez pas sur ce qui pourrait se passer car vous consommerez inutilement votre capital énergétique. Si vous craignez d’affronter un joueur mieux classé, arrêtez de « vous faire un film » car pour répondre à vos pensées envahissantes, votre corps consommera votre influx pour le transformer en mal de ventre et en crispation.

Le classement est abstrait.

  • N’oubliez pas que c’est votre corps qui produit vos performances… Et votre corps a besoin de… concret ! Lui ne joue pas un classement. Lui ne joue pas un adversaire. Lui, il joue une balle !  « Jouer une balle« , voilà une idée qui « parle » à votre corps, ce grand pragmatique.

Le conseil, c’est de « zoomer »

  • Dit autrement : se concentrer sur un élément concret, dès qu’une pensée parasite se présente. Ce peut être un détail technique de l’adversaire au moment des balles d’échauffement : « Fléchit-il bien les jambes ? » ; « Est-il mobile ? » ; « Pas si bon son revers finalement ? » Etc… « Zoomer », c’est se raccrocher au réel, à des faits du moment présent et non à des pensées toxiques.

Votre adversaire a la réputation d’avoir telle ou telle qualité ?

  • Une fois encore, ne vous trompez pas de match ou d’adversaire. Vous n’allez pas affronter la réputation de votre adversaire mais bel et bien sa balle. Et là encore, c’est du concret. Vous ne devez pas vous ériger des barrières mentales – « Je ne peux pas gagner face à un joueur avec un tel service par exemple » -.
  • Jouer contre un mythe, il n’y a rien de pire. Et un mythe est toujours une pure construction mentale dans votre esprit.
  • Le classement de votre adversaire, le passé – « Je perds toujours contre les gauchers » par exemple -, le futur – « Je ne peux pas m’incliner contre moins bien classé que moi« , la réputation de votre adversaire – « Il ou elle ne lâche rien, il ou elle est fort(e) physiquement » – sont des pensées qui vont rajouter une pression nocive pour vos performances.
  • Et justement, si on imagine ce qui pourrait se passer, on va perdre contre l’idée que l’on se fait de l’adversaire, et non contre l’adversaire lui-même. C’est contre cette petite voix intérieure, par nature souvent négative, qu’il faut d’abord batailler en se raccrochant à la réalité et au défi du moment présent.

Votre adversaire a une réputation de tricheur

Là encore, il faut vous appuyer sur des éléments factuels. Partons du principe que la réputation de votre adversaire s’avère exacte et que vous vous êtes senti floué(e) sur quelques points. A l’inverse, si l’honnêteté est pour vous une valeur cardinale en sport, vous allez devoir faire triompher cette idée :

  • En commençant, déjà, par ne pas lui donner le match par dépit. Ça serait laisser la malhonnêteté l’emporter sur l’honnêteté.
  • En ne rentrant pas dans son jeu en lui volant des points. Vous seriez mal avec vos propres valeurs et ce serait nocif pour vous.
  • En imposant votre autorité naturelle et/ou en appelant le juge-arbitre si besoin. Un geste qui montre que vous n’êtes pas dupe et décidé(e) à ne pas vous laisser faire.
  • En jouant, autant que faire se peut, avec plus de sécurité, ce qui, de fait, clouera le bec de votre adversaire puisqu’il y aura moins de balles sur ou près des lignes.
  • En arrêtant de ressasser, si l’on a le sentiment que l’on vient de se faire voler, et passer au point suivant. Là encore, chassez l’abstrait pour vous recentrer de façon pragmatique ce sur quoi vous pouvez agir : votre tennis.

A partir du moment où l’on se laisse trop piloter par ses émotions, votre adversaire peut s’en servir, et appuyer là où ça fait mal. S’il voit que vous êtes en train de vous énerver, ou de vous décomposer, il ne va évidemment pas changer de comportement.

A vous d’adopter le bon comportement pour prendre du plaisir en jouant votre meilleur tennis.

Source : Mental : gérer la réputation de votre adversaire

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