Maitrisez-vous réellement la règle du tie-break et ses records ?

Venez apprivoiser les règles du tennis, les comptages des points, les classements, les coups variés.

Car le tie-break a connu une histoire mouvementée avant d’être adoubé.

Les règles du jeu… décisif

Les règles classiques d’un match de tennis ne s’appliquent plus que très partiellement. Si la balle est toujours in ou out, si l’on sert toujours d’abord à droite, et si les deux rebonds restent interdits, quelques nouvelles règles bouleversent le déroulement de la partie.

  1. On compte les points : 1, 2, 3, 4… La règle du 15, 30, 40 ne s’applique pas.
  2. Lorsqu’un joueur a marqué sept points au moins, et deux points de plus que son adversaire, il remporte le jeu décisif.
  3. Le joueur qui a relancé au cours du jeu précédant le jeu décisif sert en premier.
  4. Le premier serveur sert un point puis les joueurs servent deux points chacun (à gauche puis à droite).
  5. Les joueurs changent de côté tous les six points (sans l’interruption d’1 minute 30 au changement)

Van Alen impose le tie-break, Ou quand la patience a ses limites…

  • Jimmy Van Alen, joueur de tennis professionnel américain, assistait au tournoi de Newport en 1954. Les yeux rivés sur la finale hommes, il attendait impatiemment que débute le match de double devant opposer les australiens Neale Fraser, Rex Hartwig, Lew Hoad et Ken Rosewall. Mais les finalistes du simple, les américains Ham Richardson et Straight Clark, ne l’entendaient pas de cette oreille. Il leur fallut 83 jeux et plus de 4 heures pour que Ham s’impose enfin en 5 sets (6-3 / 9-7 / 12-14 / 6-8 / 10-8). En raison de la durée du match, les organisateurs durent déplacer la finale du double sur un autre court, à l’extérieur.

Le tie-break à 30 !

  • Frustré, Jimmy Van Alen décida alors de modifier les règles et de créer le Van Alen Streamlined Scoring System, VASSS. Parmi les nouvelles dispositions : l’utilisation d’une numérotation cardinale (1, 2, 3…) au lieu de 15-30 et l’abolition de l’égalité. Il appliqua un système de comptage des points s’inspirant du tennis de table, avec des sets en 21 ou 31 points, 5 services d’affilée par joueur, sans second service. Ces règles furent appliquées aux deux championnats pros américains en 1956 et 1957.
  • Sa principale innovation fut l’invention de l’ancêtre du tie-break moderne qui se jouait à 30 partout, au meilleur des 8 points. Si les joueurs terminaient à égalité 4 partout, le tie-break devait être rejoué.
  • La règle évolua ensuite et le tie-break se joua alors en 9 points (« mort subite » où le premier joueur atteignant 5 points l’emportait).
  • Pour promouvoir son nouveau système, Van Alen décida de doter le tournoi « Casino Pro Championship » de 10 000 dollars et d’attirer les meilleurs joueurs de l’époque : Laver, Hoad, Rosewall, Gonzalez…

La fronde contre la mort subite

  • En 1970, son tie-break « mort subite » fut adopté par l’US Open mais les joueurs se plaignirent d’un stress excessif : les 2 joueurs pouvaient disposer simultanément d’une balle de match. De nombreux joueurs signèrent même une pétition pour supprimer cette règle.
  • Le tie-break gagna ensuite les autres tournois du Grand chelem au début des années 70. C’est en 1975 que le format au meilleur des 12 points avec 2 points d’écart fut adopté. L’US Open reste aujourd’hui le seul tournoi du Grand chelem où un tie-break est aussi joué au 5ème set.

Statistiques et tie-break célèbres

  • Le jeu décisif du troisième set de la finale 1976 de l’US Open remporté par Jimmy Connors 6-4 3-6 7-6 6-4 contre Björn Borg, 11 points à 9 est le tournant du match. À noter que d’invention récente le changement de côté tous les six points n’est pas encore rentré dans les habitudes et seul un ramasseur de balles s’aperçoit que ce changement est nécessaire à 9-9 alors que ni l’arbitre ni les joueurs ne s’en sont rendu compte.
  • Le jeu décisif le plus célèbre de l’histoire a lieu lors de la finale du Tournoi de Wimbledon 1980. Au 4e set, alors que Björn Borg mène deux manches à une contre John McEnroe, un jeu décisif d’anthologie les oppose, McEnroe l’emporte 18-16 à sa 7e balle de set, non sans avoir sauvé 5 balles de match. Borg remporte la 5e manche (8-6).
  • Le second plus long tie-break en finale de Grand Chelem oppose Roger Federer à Andy Murray à l’Open d’Australie 2010, après 5 balles de sets sauvées Roger Federer remporte le titre 13 à 11 à sa 3e balle de match.
  • Dans la finale du Tournoi de Wimbledon 1982, John McEnroe aurait pu remporter le titre s’il avait gagné le tie-break du 4e set face à Jimmy Connors (3-6, 6-3, 6-7, 7-6, 6-4) comme Roger Federer à l’US Open 2009 face à Juan Martín del Potro (3-6, 7-6, 4-6, 7-6, 6-2)
  • Finales de tournois du Grand Chelem conclues sur un tie-break dans le troisième ou quatrième set (0 dans le cinquième) : à l’Open d’Australie « 4 » (3e et 4e), Roland-Garros : « 5 » (3e et 4e), Wimbledon « 1 » (3e), US Open « 3 » (3e et 4e).
  • Une demi-finale de l’US Open s’est conclue par un tie-break : l’US Open 1980 voit John McEnroe triompher 6-4, 5-7, 0-6, 6-3, 7-6 de son compatriote Jimmy Connors.
  • À Wimbledon en 1991, Stefan Edberg, tenant du titre et finaliste dans les trois dernières éditions, s’incline en demi-finale face à Michael Stich, après avoir remporté la première manche. Il perd les trois suivantes au tie-break 4-6, 7-6(5), 7-6(5), 7-6(2), et il perd le match sans perdre son service, alors que Stich s’est fait breaker dans la première manche. Hasard, James Van Alen l’inventeur du premier jeu décisif, est mort ce jour-là.
  • À Wimbledon en juin 2010, l’absence de tie-break au 5e set a provoqué le match le plus long de l’histoire du tennis, qualifié de « sans fin » entre John Isner et Nicolas Mahut, au cours duquel le 5e set s’est terminé à 70-68 pour John Isner et a duré 11 heures et 8 minutes.

Records

  • Fait unique sur le circuit ATP, Jan Siemerink a remporté un tie-break en remontant de 0-6 à 10-8 contre Richard Krajicek à l’US Open 1994, il perd le match 6-7, 4-6, 7-6, 7-6(8), 4-66.
  • Fait unique sur le circuit ATP, Martin Lee n’a laissé aucun point dans les deux tie-break des deux sets du match qui l’opposait à Sjeng Schalken lors du tournoi de Rotterdam 2002, 7-6(0), 7-6(0).
  • Le plus long tie break en double : Jan Gunnarsson / Michael Mortensen battent John Frawley / Víctor Pecci 6-3, 6-4, 3-6, 7-6(26-24) Wimbledon 1985
  • Le plus long tie break en double mixte : Mareen Louie-Harper / Andy Lucchesi battent Diane Desfor / Horace Reid 6-2, 6-7, 7-6(18-16) US Open 1978
  • Le plus long tie break dans le 3e set (match en 3 sets) : Goran Ivanišević bat Greg Rusedski 4-6, 6-4, 7-6(20-18) Queens 1997
  • Le plus long tie break dans le 5e set : Ken Flach bat Darren Cahill 1-6, 6-4, 3-6, 6-1, 7-6(17-15) US Open 1987
  • Le plus long tie break dans un set décisif en doubles : David Dowlen / Nduka Odizor battent Tim Gullikson / Tom Gullikson 7-5, 6-7, 7-6(19-17) Boca West 1984
  • Le plus long super tie break : Albert Montañés / Rubén Ramírez Hidalgo battent Simon Aspelin / František Čermák 7-6, 1-6, [23-21] Estoril 2007
  • Le plus de tie break joués dans une carrière : 697 – Ivo Karlović
  • Le plus de tie break joués dans un tournoi : 11 – Goran Ivanišević (Wimbledon 1998)
  • Le plus de tie break gagnés dans une carrière : 407 – Roger Federer
  • Le plus de tie break gagnés consécutivement : 18 – Andy Roddick (2007 arrêté par Richard Gasquet)
  • Le plus de tie break perdus consécutivement : 17 (de 2012 à 2013) Robin Haase
  • Le plus de tie break gagnés dans le 5e set : 4 – Marat Safin
  • Le plus de tie break gagnés dans un tournoi : 8 – Goran Ivanišević (Wimbledon 1998), Wayne Arthurs (Wimbledon 1999), Novak Djokovic (Wimbledon 2007)
  • Le plus de tie break gagnés dans le set décisif : 35 – John Isner
  • Le plus de tie break gagnés sur une année : 38 – Michael Stich (1993)
  • Le plus de tie break gagnés dans le set décisif consécutivement : 17 – Carlos Moyà (2002-2008)
  • Le plus de match gagnés consécutivement au tie break dans le set décisif : 5 – John Isner (Washington 2007)
  • Le plus de sets gagnés au tie break consécutivement en Grand chelem : Tomáš Berdych (Open d’Australie 2012), Albert Montañés (Roland Garros 2008), Wayne Arthurs (Wimbledon 1999), Goran Ivanišević (Wimbledon 1998)

Les plus longs tie-break

Le record de 20 points à 18 a été réalisé à sept reprises7 :

  • 2017 – Andy Murray bat Philipp Kohlschreiber 6-74, 7-618, 6-1 en quart de finale à Dubaï (7 balles de matchs sauvées).
  • 2007 – Andy Roddick bat Jo-Wilfried Tsonga 6-718, 7-62, 6-3, 6-3 au 1er tour de l’Open d’Australie.
  • 2006 – José Acasuso bat Björn Phau 7-5, 7-618 1er tour de Toronto.
  • 2004 – Roger Federer bat Marat Safin 6-3, 7-618 en demi-finale du Masters à Houston.
  • 1997 – Goran Ivanišević bat Greg Rusedski 4-6, 6-4, 7-618 en demi-finale du Queen’s.
  • 1993 – Goran Ivanišević bat Daniel Nestor 6-4, 7-65, 7-618 1er tour de l’US Open
  • 1973 – Björn Borg bat Premjit Lall 6-3, 6-4, 9-818 1er tour de Wimbledon.

Au premier tour des qualifications à Copenhague en 1992, Aki Rahunen bat Peter Nyborg 7-622, 2-6, 6-38.

En finale du tournoi Future d’Aktobe, au Kazakhstan, en janvier 2016, Evgeny Tyurnev bat Danilo Petrović 7-623, 6-3 9.

Au dernier tour des qualifications de tournoi Future de Plantation en 2013, Benjamin Balleret bat Guillaume Couillard 7-634, 6-110.

En double, à Wimbledon 1985, Michael Mortensen et Jan Gunnarsson battent John Frawley et Víctor Pecci 6-4, 6-4, 3-6, 7-624.

Finales avec tie break dans le 5e set

  • 1982 – Hambourg, José Higueras bat Peter McNamara 4-6, 6-7, 7-6, 6-3, 7-6(?)
  • 1991 – Indian Wells, Jim Courier bat Guy Forget, 4-6, 6-3, 4-6, 6-3, 7-64
  • 2000 – Hambourg, Gustavo Kuerten bat Marat Safin, 6-4, 5-7, 6-4, 5-7, 7-63
  • 2000 – Paris, Marat Safin bat Mark Philippoussis, 3-6, 7-67, 6-4, 3-6, 7-68
  • 2005 – Rome, Rafael Nadal bat Guillermo Coria, 6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-66
  • 2005 – Madrid, Rafael Nadal bat Ivan Ljubičić, 3-6, 2-6, 6-3, 6-4, 7-63
  • 2005 – Shanghai (Masters), David Nalbandian bat Roger Federer, 6-74, 6-711, 6-2, 6-1, 7-63
  • 2006 – Rome, Rafael Nadal bat Roger Federer, 6-7, 7-65, 6-4, 2-6, 7-65

Finales avec tie break dans tous les sets

  • 1985 – Los Angeles, Paul Annacone bat Stefan Edberg 7-65, 6-78, 7-64
  • 1997 – Halle, Ievgueni Kafelnikov bat Petr Korda 7-62, 6-75, 7-67
  • 2012 – Chennai, Milos Raonic bat Janko Tipsarević 6-74, 7-64, 7-64
  • 2013 – Atlanta, John Isner bat Kevin Anderson 6-73, 7-62, 7-62
  • 2014 – Queen’s, Grigor Dimitrov bat Feliciano López 6-78, 7-61, 7-66
  • 2016 – Newport, Ivo Karlović bat Gilles Müller 6-72, 7-65, 7-612

Source : La règle du tie-break OU de l’égalité brisée

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