Incollable au tennis : Agatha Christie n’aurait pas fait mieux !

« Crime, arnaque et tennis à Monte Carlo »

  • En 1879, la finale de Wimbledon voit un certain Vere St. Leger-Goold (un Irlandais, comme son nom ne l’indique absolument pas) s’incliner face à John Hartley. Une belle performance qui reste comme l’apogée de la carrière d’un joueur plutôt moyen, mais qui fera tout de même une fois encore la une des journaux une petite trentaine d’années plus tard, dans le cadre d’une affaire qu’on croirait sortie d’un roman d’Agatha Christie.
  • Avec sa femme Violette, l’ancien joueur alors presque ruiné rencontra en 1907 à Monte-Carlo le veuve particulièrement riche d’un armateur, Emma Levin. Le couple profita des largesses de cette danoise fortunée, mais ce n’était manifestement pas suffisant : après avoir tenté de lui voler ses bijoux avec beaucoup de douceur, la résistance de leur victime conduisit le couple à faire un certain nombre de trous dans la chère femme.
  • Alors que les deux complices s’apprêtaient à prendre le train à Nice, la police, prévenue entre temps de la disparition d’Emma Levin, s’intéressa aux deux énormes malles des voyageurs. À juste titre : les agents y retrouvèrent la malheureuse danoise, exagérément décédée. Ils la retrouvèrent même en plusieurs épisodes, si j’ose dire…
  • Vere St. Leger sera condamné à perpétuité et incarcéré au bagne de l’île du Diable.
  • Le 17 juillet 1908, Vere Goold quittera le dépôt de Saint-Martin de Ré pour embarquer sur « La Loire » à destination de la Guyane et de son bagne qui aura rapidement raison de lui puisqu’il y mourra le 19 avril 1909 à l’âge de 56 ans.
  • Il n’y aura même pas de sépulture, en vertu d’une joyeuse tradition qui veut qu’on y balançait les cadavres des condamnés aux requins…

Mais qui était donc réellement Vere Goold ?

La vie de Vere Goold est connue dans ses grandes lignes et se résume ainsi :

  • Il est né dans une très riche famille irlandaise et sa jeunesse est tournée vers le sport, élément indispensable d’une bonne éducation dans le monde anglo-saxon de cette fin du XIXe siècle.
  • Vere Goold montre très vite de singulières dispositions dans la plupart des sports en vue de l’époque : il est un très bon boxeur, un éminent cavalier qui se distingue dans de nombreuses courses, il participe à des régates cotées, mais surtout il a des facilités déconcertantes et qui l’étonnent lui-même au jeu de raquettes : « au tennis je devenais bientôt excellent, tellement que j’inspirais une folle jalousie à certains messieurs… ».
  • Il contribue notamment à la création du premier tennis club d’Irlande (Fitzwilliam Lawn, à Dublin), remporte la première édition du championnat national et parvient en 1879 en finale du troisième tournoi de Wimbledon.
  • Il perd contre le révérend John Hartley qui dira de lui qu’il était « un irlandais gai et sauvage ».
  • Peu après son exploit à Wimbledon, Goold tombe malade, une fois guéri il ne reviendra jamais au même niveau de tennis.
  • Très vite c’est une descente vers la dépendance à l’alcool et aux drogues en vogue à l’époque (opium et cocaïne).
  • Il évoque très peu sa vie professionnelle en dehors du sport, la trivialité du labeur rémunéré n’est pas un sujet de conversation pour lui.

Pour les personnes captivées par cette histoire au suspens insoutenable à la Pierre Bellemare, la suite se trouve ici avec tous les détails de la vie de St Leger-Goold champion de tennis déchu, jusqu’à ce terrible meurtre digne d’Europe 1 et « Hondelatte raconte »

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