Incollable au tennis : Louis De Funès n’aurait pas fait mieux !

Le ridicule ne tue pas… quoique : le Français Alain Bresson conservera à jamais le titre de joueur le plus pitoyable de Wimbledon et on s’en serait bien passé !

En effet ce premier tour n’est peut-être pas l’un des plus grands matchs de l’histoire de Wimbledon en termes de qualité de jeu, mais il a su marquer les esprits comme vous le verrez plus loin…
Attention car ce qui va suivre pourrait vous paraître incroyable ou inventé, mais il n’en est rien, tout est vrai et Louis de Funès n’aurait pas fait mieux !
  • En 1959 donc, le jeune Français Alain Bresson, tout juste 18 ans, participe à son premier Wimbledon et affronte un certain Manuel Santana au premier tour et il est légèrement tendu, le brave garçon.
  • D’autres joueurs, légèrement farceurs sur les bords, lui expliquent avant son match que le protocole veut qu’on se présente à son premier match tiré à quatre épingles, sous peine d’être exclu à vie du tournoi.
  • Et voici donc le jeune sportif qui se présente devant l’arbitre en costume, beau comme un coeur avec sa belle cravate…
  • Il ne le sait pas encore mais son calvaire ne fait que commencer, d’ailleurs il pleut au moment où son match contre l’espagnol Santana commence ; l’herbe est glissante (il n’y a pas encore de toit à cette époque !)

Premier set

  • Premier service. Presser de jouer, Bresson sert avant même que l’arbitre n’annonce « Play« . Cette première balle jouée dans la précipitation lui fait perdre l’équilibre, Bresson glisse sur la ligne blanche et s’étale façon crêpe. Il se relève aussitôt mais s’étale à nouveau. 0-15 pour Santana, ça démarre fort.
  • Deuxième service. Bresson attaque et monte cette fois au filet, mais il ne peut freiner sa course sur l’herbe humide, alors pour éviter la chute, il saute au-dessus du filet et… termine à plat ventre aux pieds de son adversaire stupéfié. 0-30.
  • Troisième service de Bresson. Santana renvoi, Bresson glisse et tombe à genoux sans parvenir à toucher la balle. Dans les tribunes, quelques rires commencent à monter. 0-40 pour Santana.
  • Quatrième service. Bresson insiste et monte encore au filet mais il est obligé de faire une acrobatie pour renvoyer la balle et s’étale de tout son long sur l’herbe. Sa belle tenue blanche est recouverte de longues traînées vertes.
  • Cette fois le public a beau être british, il n’en peut déjà plus et commence à se gondoler frénétiquement, ce qui n’aide pas le jeune Français qui en plus prend donc d’entrée un jeu blanc sur son service.

Et voilà comment en quatre points, Alain Bresson vient de graver son nom dans l’histoire de Wimbledon mais pas de façon glorieuse comme il l’aurait souhaité !

Alain Bresson

  • Ce sera ainsi pendant tout le premier set ou les jeux défileront inexorablement, jusqu’à ce que Santana concentré, l’emporte 6-0 face à un Bresson qui ne cessera de courir dans le vide aux quatre coins du terrain, en multipliant les cabrioles toujours plus hilarantes pour le public… bien malgré lui.
  • Bresson est agacé, rouge de confusion. Le public lui est carrément mort de rire. Les ramasseurs de balle aussi se mordent les lèvres. Même les juges de ligne et l’arbitre ont eux aussi beaucoup de mal à garder leur sérieux.
  • Tout d’un coup au milieu du brouhaha général de la foule, on entend, « Alain, tu ne peux pas continuer ainsi, enlève tes chaussures, tu seras plus à l’aise en chaussettes ! » c’est Jacques Brugnon, l’ancien champion français qui ne peut plus supporter ce cauchemar pour notre petit Français, mais il aurait sans doute mieux fait de se taire …
  • Quoiqu’il en soit, sans même réfléchir, Bresson quitte le court et revient sans ses chaussures. Cette fois le public éclate de rire et le Français entame ainsi le second set en chaussettes…
    • Un conseil n’essayer jamais de jouer en chaussettes car sinon voyez maintenant ce qui risque de vous arriver…

Deuxième set

  • Bref nous voici déjà dans le deuxième set, on n’a même pas eu le temps de se remettre du premier que dès le premier jeu, après une faute de Santana, Alain Bresson court rattraper la balle mais… pas ses chaussettes qui refusent de le suivre, et restent collées dans l’herbe, du coup il chute lamentablement… pieds nus !!
  • Il se relève, rouge de honte. Dans les tribunes, c’est le délire total. Le stade est désormais complet. La rumeur a fait le tour du site et les spectateurs sont arrivés en masse de tous les autres courts pour suivre cette rencontre insolite qui se joue maintenant à guichet fermé,
    • car il faut bien l’avouer, une si belle tête de vainqueur on n’en croise pas une tous les matins et d’ailleurs ça ne s’est plus jamais reproduit depuis !
  • Nous voici donc déjà à 3-0 pour Santana, Bresson décide enfin de remettre ses chaussures, preuve que le ridicule ne tue pas, mais rien ne change. Il glisse, tombe et se relève avec toujours la même rage au coeur.
  • Pourtant à 6-0 dans le second set, le Français ne perd pas espoir, il se dit qu’il n’a juste pas de chance, qu’il n’est pas si loin, que Santana aussi finira par tomber et que la chance va finir par tourner en sa faveur
    • en tout cas lui, « il a pas finit de tourner », comme dirait Jean Gabin,
  • Dans le stade, le mot court qu’on se marre bien dans cette rencontre : le jeune homme, qui joue désormais devant des tribunes bourrées jusqu’à la gueule, prend une deuxième fois 6-0.

Troisième et dernier set

  • Et ça recommence déjà 3-0 pour l’Espagnol qui commence quand même à avoir pitié de ce « clown » de Français.
  • Trop c’est trop, à tel point que même une partie de la foule commence peu à peu à avoir de la compassion pour le pauvre Bresson.
  • Quant à Bresson, lui, il ne voit plus rien, il n’entend plus rien. Ses yeux sont noyés de larmes.
  • Pourtant, sans jamais expliquer comment il a fait, le Français arrache enfin son premier jeu. 3-1 pour Santana. Mais cet espoir sera de courte durée mais lui offrira un instant le soutien du public…
  • Malheureusement, ses nombreuses glissades et chutes ne calment pas tous les spectateurs qui n’en peuvent plus.
  • Lors de la balle de match, le silence du public crispa Bresson qui ne supportait plus les rires ou les acclamations de pitié. Résultat 6-1 set et match pour Manuel Santana.
  • Score final : une sacrée déculottée, mais « quand y en a plus y en a encore avec Bresson« …

Bouquet final !

  • A bout de nerf suite à sa prestation pitoyable, Alain Bresson se précipite au filet pour féliciter son adversaire. Il n’a qu’une idée en tête : quitter et fuir ce maudit court. Mais son calvaire ne s’arrêtera pas encore là …
  • Il saisit ses serviettes, son sac et ses raquettes mais dans sa précipitation, le Français se prend les pieds dans sa serviette, trébuche, tente de se reprendre avant de terminer par une pirouette à plat ventre devant l’arbitre et Santana médusés !
  • Ses raquettes s’éparpillèrent à cinq mètres. Alain Bresson resta un moment immobile, allongé sur le sol face contre terre n’osant plus bouger, pensant que tout cela n’était qu’un cauchemar et qu’il allait se réveiller,
  • Quant au public, il éclata dans un grand fou rire ultime et généralisé qui acheva le jeune homme définitivement !
  • Finalement le pauvre Bresson se releva d’un bond pour courir vers la sortie sans prendre la peine de ramasser ses affaires.
  • Alain Bresson resta ensuite prostré pendant 4 heures dans les vestiaires. Et personne ne put le consoler. Il ne sortit des vestiaires que bien plus tard en début de soirée, par une petite porte de secours pour ne surtout croiser personne…

Quand je vous disais que c’était bien plus fort que Louis de Funès, mais le pauvre Bresson aura eu un destin plus funeste !

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