Histoire : L’origine du classement Français au tennis

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LE CLASSEMENT FRANÇAIS : SON HISTOIRE

Le classement français fait l’admiration des autres grandes nations du tennis mondial. Retour sur l’histoire et les évolutions de cette institution. 

  • 3/6, 15/1, 0, 30/4 : si les différents échelons du classement français peuvent apparaitre incompréhensibles au commun des mortels, il repose historiquement sur une idée assez simple et très démocratique : créer des handicaps afin que des joueurs de niveaux différents puissent s’affronter de manière, disons, quasi équilibrée. Et c’est sur la base de ces handicaps que l’on a créé et nommé les différents échelons. Une philosophie que l’on retrouve dans le principe même du classement : hiérarchiser tous les joueurs, de l’amateur de 4e série au numéro un français, comme faisant partie d’une même famille.
  • Le point de départ de ce système fut donc appelé niveau 0. Contre un « zéro » par exemple, un joueur classé 1/6 partait avec un point de bonification un jeu sur six (d’où ce classement de 1/6). Il démarrait le jeu en question avec un score de 15-0 en sa faveur, avantage répété tous les six jeux. Un « 2/6 » partait également avec un point de bonification, mais il était pris en compte deux jeux sur six, trois jeux sur six pour le « 3/6 », un « 15 » débutant tous les jeux avec un score de… 15/0 en sa faveur.
  • Le classement 15 marquait la fin du handicap d’un seul point puisque le « 15/1 » partait avec deux points d’avance un jeu sur six, donc 30-0 en sa faveur, et cinq jeux sur six avec un seul point de bonification et cela répété tous les six jeux. Le « 15/2 » partait avec deux points de bonification deux jeux sur six, et quatre jeux sur six avec un seul point, ainsi de suite pour les niveaux 15/3, 15/4 et 15/5. Un joueur classé 30 recevait lui deux points de bonification à tous les jeux.
  • Le même principe était appliqué, mais avec une pénalisation au lieu d’une bonification, pour les joueurs classés négatifs, type -2/6 par exemple. Ainsi, lors d’un match avec un joueur classé 0 par exemple, le « -2/6 » partait avec un point de pénalité, deux jeux sur six, soit un score de -15/0, etc…
  • La terminologie du classement a été conservée même si le principe du handicap n’est plus utilisé dans les tournois depuis bien longtemps. En 1972, année du dernier classement calculé manuellement, les échelons sont alors les suivants : 30, 15/4, 15/2, 15, 4/6, 2/6, 0, -3/6, -15 et 1ère série. 5 114 classés (1 065 dames et 4 049 messieurs) sont alors hiérarchisés.

Le premier classement intermédiaire date de 1993

  • Près d’un demi-siècle plus tard, ils ne sont pas loin d’un demi-million à être référencé, preuve de la vitalité de la compétition en France. La vraie bascule vers cette compétition de masse s’est effectuée dans les années 80 avec la création des échelons 30/1 (1980), 30/2 (1982), 30/3 (1984) ainsi que l’autre côté de la pyramide, l’échelon -30 (1982) puis 5/6, 3/6 et 1/6 (1984). Un an après la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros (1983), on passe alors le cap symbolique des 100 000 joueurs classés (132 188).
  • Pour accompagner cette montée en puissance, la FFT va bien sûr, année après année, moderniser le classement en informatisant son calcul (1973). Les résultats sont encore entrés manuellement après réception des feuilles de résultats ou des cartons verts sur lesquels les 4e série doivent remplir leurs résultats. Cette saisie informatique est un vrai travail de bénédictin dont chaque compétiteur attend avec une angoisse certaine les conséquences : la publication à l’automne du nouveau classement, dont les premiers pas « électroniques » passeront par le (feu) Minitel avant le basculement progressif à une consultation web au début des années 2000.
  • Afin de continuer à dynamiser la compétition, et surtout de coller au plus près de la réalité du niveau des joueurs, la FTT va instaurer un classement intermédiaire au mois de mai (1993) puis un deuxième en février (2006), avant l’arrivée, après un troisième classement intermédiaire en 2017, du classement mensuel intermédiaire, reflet quasi instantané des progrès d’un joueur, puisque seules les montées seront prises en compte. Une sorte de classement ATP mensuel des joueurs de club, attractif et surtout très motivant, puisque le témoin quasi instantané des « perfs ». Ce qui n’empêchera pas les compétiteurs d’attendre malgré tout, comme depuis 45 ans, la publication du classement final, ou pour être tout à fait exact dans la terminologie, du classement de fin d’année ou de fin de saison.
  • Qui arrive désormais directement dans les boites mails des concernés, début septembre.

CLASSEMENT MODE D’EMPLOI

Vous savez sans doute à quel niveau correspond un classement 15/3 et -4/6. Mais quelles sont les origines de ces drôles de numéro ?

A l’origine, un handicap fut créé afin d’équilibrer dans les différentes épreuves organisées les chances des compétiteurs les uns par rapport aux autres, compte tenu des divers niveaux de chacun. La base de ce handicap fut appelée niveau 0.

La hiérarchie des différents niveaux de jeu, et l’application qu’il en résultait, était la suivante.

Dans une rencontre contre un joueur de niveau 0 :

  • Le joueur de niveau 1/6 parait avec 1 point de bonification 1 jeu sur 6, c’est-à-dire qu’il démarrait le jeu en question avec un score de 15/0 en sa faveur, et cela était répété tous les 6 jeux.
  • Le joueur de niveau 2/6 partait  toujours avec 1 point de bonification, mais 2 jeux sur 6.
  • Le joueur de niveau 3/6, 3 jeux sur 3.
  • Le joueur de niveau 15 débutait tous les jeux avec un score de 15/0 en sa faveur.
  • Le niveau 15 marquait la fin d’une série de handicap.

Pour la suite de ces handicaps, le fonctionnement était le suivant.

  • Le joueur de niveau 15/1 partait avec 2 points de bonification 1 jeu sur 6, soit un score de 30/0 en sa faveur et 5 jeux sur 6 avec un seul point de bonification, soit un score de 15/0, et cela répété tous les 6 jeux.
  • Le joueur de niveau 15/2 partait avec 2 points de bonification 2 jeux sur 6, score de 30/0 en sa faveur et 4 jeux sur 6 avec un seul point, score de 15/0. Et ainsi de suite pour les niveaux 15/3, 15/4 et 15/5.
  • Le joueur de niveau 30 recevait 2 points de bonification, score de 30/0 en sa faveur, 6 jeux sur 6, c’est-à-dire à tous les jeux du set.
  • Pour les niveaux de jeu négatifs, le même principe était appliqué, mais avec une pénalisation au lieu d’une bonification.

Aussi, toujours dans le cas d’une rencontre avec un joueur 0,

  • Le joueur -2/6 partait avec 1 point de pénalité, 2 jeux sur 6, soit un score de -15/0 en sa faveur
  • Le joueur  -4/6 : 1 point de pénalité, 4 jeux sur 6
  • Le joueur -15 : 1 point de pénalité 6 jeux sur 6, soit tous les jeux du set sur un score de -15/0.

Si vous avez tout compris, vous pouvez tenter d’appliquer ces handicaps ou ces avantages avec vos amis, en fonction de vos classements respectifs. Mais sachez que ce principe n’est bien sûr pas appliqué en compétition. Par ailleurs, sachez aussi que le premier classement informatisé par la Fédération Française de Tennis date de 1973, et que la première série a vu le jour en 1974.

Source de cet article : L’origine du classement

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